Dans plusieurs villes du pays, et plus particulièrement à N’Djamena, une frange de la jeunesse féminine semble s’éloigner des repères culturels et des valeurs morales qui ont longtemps façonné la société. Des comportements jugés préoccupants se multiplient, notamment dans les débits de boissons et les lieux de divertissement nocturne.
Dans certains bars et boîtes de nuit, la scène est devenue presque ordinaire : jeunes femmes élégamment vêtues, maquillage soigné, allure de clientes régulières. Pourtant, derrière cette apparente normalité, la réalité est souvent plus complexe. Certaines arrivent avec de quoi payer une seule bière, qu’elles feront durer jusqu’au petit matin, dans l’attente d’être abordées par un homme susceptible de financer la suite de la soirée. Ce scénario conduit fréquemment à ce que beaucoup qualifient de prostitution déguisée : discussions entamées, propositions implicites, et parfois départ vers d’autres lieux pour y passer la nuit. Les conséquences ne sont pas sans gravité : rapports non protégés, grossesses non désirées, avortements clandestins et, dans les cas les plus dramatiques, décès.
Le phénomène suscite un vif débat. Pour certains observateurs, il s’agit avant tout d’une perte de repères culturels et moraux. Pour d’autres, ces comportements traduisent plutôt les effets d’une précarité économique persistante et du manque d’opportunités professionnelles pour les jeunes femmes. Face à cette situation, plusieurs voix plaident pour une action concertée. Le ministère de la Femme et de la Petite Enfance est appelé à renforcer ses programmes de sensibilisation, notamment sur les valeurs éthiques, la prévention des comportements à risque et la protection des jeunes filles.
Parmi les pistes envisagées :
- Développer des formations professionnelles adaptées au marché de l’emploi ;
- Accorder des microcrédits pour stimuler l’entrepreneuriat féminin ;
- Créer des espaces culturels et sportifs afin d’offrir des alternatives saines aux loisirs nocturnes.
La lutte contre ce phénomène ne peut se limiter à des actions ponctuelles. Elle exige une approche globale impliquant familles, établissements scolaires, autorités locales et société civile, afin de protéger les jeunes filles, leur offrir de véritables perspectives et restaurer des repères culturels et éthiques durables.
SOLIRI Charlotte

