• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Zakouma: Interrogations persistantes sur la gestion du parc national par African Parks

Zakouma: Interrogations persistantes sur la gestion du parc national par African Parks

L’amélioration de la protection de zones naturelles au Tchad était l’un des points majeurs développés par le Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby lors de son récent message à la Nation. Or, cette ambition nationale contraste fortement avec la situation préoccupante du Parc National de Zakouma.

En effet, depuis qu’African Parks en a pris la gestion, des interrogations demeurent quant à la qualité et à la transparence de son action. Selon plusieurs sources locales, la gouvernance du Parc souffrirait d’un manque de clarté et de concertation. Les critiques portent notamment sur la persistance du braconnage, l’absence d’investissements significatifs dans les infrastructures d’accueil, la perte des recettes touristiques, le blocage du transfert de compétences aux cadres nationaux ainsi que l’opacité entourant l’utilisation des ressources allouées. De plus, des soupçons existeraient quant à la possible existence de comptes offshore alimentés par des fonds collectés au nom du Parc.

Pourtant, Parc National Zakouma est censé être un sanctuaire destiné à protéger la faune et la flore. Aujourd’hui cependant, il fait face à de nouveaux défis : dégradation de la biodiversité, insécurité persistante et impact limité sur le développement socio-économique des communautés environnantes. En outre, ces dernières dénoncent leur exclusion du processus de gestion, une situation susceptible d’alimenter tensions et méfiance.

Ainsi, un réajustement stratégique s’impose. African Parks doit renforcer la transparence de sa gestion, travailler de manière effective avec les autorités et surtout impliquer les populations locales. Par ailleurs, l’évaluation de mi-parcours prévue dans le contrat de gestion initial de dix ans et arrivée à échéance en 2020, n’a toujours pas été réalisée. Or, cette étape est essentielle pour établir un bilan objectif, identifier les responsabilités et corriger les insuffisances.

Enfin, l’amélioration de la protection de zones naturelles annoncée par le Président de la République est à saluer mais elle doit être suivie de faits tangibles prioritairement au Parc Zakouma et partout ailleurs dans notre pays pour sauver son patrimoine naturel.