À l’heure où sous d’autres cieux, l’affaire Jeffrey Epstein bouleverse la conscience de l’humanité , une série d’actes pédophiles d’une extrême gravité visant des enfants a été signalée ces derniers jours ici au Tchad, plongeant familles et opinion publique dans la stupeur et l’indignation. Ces crimes odieux, perpétrés sur des fillettes en bas âge, rappellent douloureusement que l’enfance, censée être protégée et sacrée est aujourd’hui gravement menacée.

Les deux cas les plus récents suscitent une vive indignation au sein de la population. Dans le quartier Farcha, au premier arrondissement, un militaire de la force antiaérienne, identifié comme Dounia Togodjingar et déclaré séropositif, est accusé d’avoir violé une fillette de quatre ans.
Dans le même sillage, un autre crime de même gabarit est survenu : un homme âgé de 45 ans aurait violé une fillette de deux ans dans le même quartier. Deux actes d’une cruauté indicible, deux vies d’enfants brisées avant même d’avoir commencé. L’on se demande s’il s’agit d’une nouvelle pratique satanique ou d’un acte de lâches psychopathes. Au regard des faits, la question se pose avec acuité.
Derrière ces violences se cache la douleur silencieuse de petites filles profondément traumatisées, marquées à vie par des actes qu’aucune culture humaine ne saurait justifier. Ces crimes ne détruisent pas seulement des corps fragiles ; ils anéantissent l’innocence, la confiance et l’avenir. Ils laissent des cicatrices psychologiques durables, parfois irréversibles, tant pour les victimes que pour leurs familles.
Il est impératif de le dire sans détour : les auteurs de ces crimes sont des prédateurs et doivent être condamnés avec la plus grande fermeté afin que d’autres potentiels délinquants sexuels et pédophiles puissent tirer des leçons.
Seule une réponse judiciaire exemplaire peut dissuader et restaurer un semblant de justice pour les victimes. Cependant, la responsabilité ne s’arrête pas aux seuls auteurs. Les parents, tuteurs et les institutions ont un rôle fondamental à jouer dans la protection de la petite enfance. Protéger les enfants, et en particulier les petites filles, exige une vigilance constante, une attention accrue aux environnements fréquentés et une écoute attentive des moindres signes d’alerte. Le silence, par peur ou par honte, ne protège pas : il expose davantage.
Pour ce faire, la responsabilité de l’État, notamment celle du Ministère de la Femme et de la Petite Enfance, est également pleinement engagée. Face à la recrudescence de ces actes ignobles, il est urgent de passer des discours à l’action. Cela implique :
- la prise en charge médicale, psychologique et sociale des victimes;
- le renforcement des mécanismes de prévention et de protection de l’enfance
- des campagnes de sensibilisation à grande échelle;
- et une coordination efficace avec la justice pour que chaque crime soit poursuivi jusqu’à sa conclusion.
Le viol d’un enfant n’est ni un fait divers ni une fatalité. C’est un crime contre l’humanité de l’innocence, un signal d’alarme qui appelle une réaction immédiate, collective et sans compromis.
Protéger les enfants n’est pas une faveur.
C’est un devoir moral, social et institutionnel. La société tout entière est aujourd’hui interpellée : se taire, c’est laisser l’horreur continuer.
Soliri charlotte

