• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Urgence humanitaire à Barak et Guereda, l’IRC intervient pour sauver des vies.

Urgence humanitaire à Barak et Guereda, l’IRC intervient pour sauver des vies.

Les localités de Birak et de Guéréda (Mile Extension), situées à la frontière tchado-soudanaise, font face à une crise humanitaire sans précédent. En l’espace de deux semaines, près de 20 000 personnes fuyant les violences armées au Soudan ont trouvé refuge dans cette région déjà marquée par une extrême vulnérabilité. Les besoins en santé, nutrition, eau potable, hygiène et protection sont devenus critiques, tant pour les réfugiés que pour les communautés hôtes, contraintes de partager des ressources limitées.

Depuis l’escalade du conflit au Soudan en avril 2023, plus de 188 652 réfugiés ont été recensés dans la province du Wadi Fira, dont 87 % sont des femmes et des enfants. La situation humanitaire se dégrade à un rythme alarmant. Les centres de santé de Birak et Mile Extension sont saturés, entraînant des ruptures de médicaments essentiels. Le taux de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de 5 ans est en forte hausse. La prise en charge des maladies mentales et des besoins en santé reproductive reste largement insuffisante. L’accès aux soins reste un défi : certains réfugiés parcourent plusieurs kilomètres à pied, ce qui représente un obstacle insurmontable pour les personnes âgées, les personnes handicapées et les femmes enceintes. Le manque d’eau potable oblige de nombreuses familles à consommer de l’eau non traitée, augmentant le risque de maladies hydriques. L’insuffisance de latrines et de kits d’hygiène accroît le risque d’épidémies. Face à cette situation, l’International Rescue Committee (IRC) a intensifié ses interventions afin de répondre aux besoins urgents des populations affectées. L’organisation humanitaire a déployé des cliniques mobiles et renforcé les services essentiels :

  1. 5 774 consultations médicales curatives, dont 90 % au bénéfice des réfugiés.
  2. 494 cas de malnutrition aiguë pris en charge gratuitement, ainsi que 51 cas de maladies chroniques.
  3. 542 consultations prénatales et 1 552 séances de conseil nutritionnel destinées aux mères.
  4. 212 consultations en santé mentale et 937 séances de sensibilisation sur les violences basées sur le genre (VBG), bien que seulement 3 % des personnes concernées aient accès aux services de prise en charge.
  5. 8 480 personnes sensibilisées aux bonnes pratiques d’hygiène et à la prévention des maladies.

Alain Rusuku, directeur national de l’IRC au Tchad, alerte :« Les plus vulnérables risquent d’être laissés pour compte. Sans une action collective et urgente, la situation ne fera qu’empirer. Si les cliniques mobiles de l’IRC sauvent des vies aujourd’hui, seule une mobilisation accrue des donateurs et des acteurs humanitaires permettra d’éviter une catastrophe sanitaire. Ensemble, protégeons les femmes et les enfants, réduisons les tensions, et construisons un avenir digne pour ceux qui en ont le plus besoin. »
L’urgence à Birak et Guéréda nécessite une réponse humanitaire coordonnée, soutenue et durable.

Pour rappel, l’IRC est actif au Tchad depuis 2004. À la suite du déclenchement du conflit soudanais, l’organisation a mis en place des stations d’eau et des dispensaires mobiles pour accueillir les réfugiés en situation critique. Aujourd’hui, elle déploie quatre cliniques mobiles dans les sites de transit tels que Borota et Adré, offrant des services essentiels : soins de santé primaires, nutrition, santé mentale, soutien psychosocial, santé sexuelle et reproductive, ainsi que des actions de protection. L’IRC intervient également dans l’approvisionnement en eau potable, l’installation de latrines et la promotion des pratiques d’hygiène, afin de limiter les risques sanitaires et renforcer le bien-être général des populations réfugiées.

Enfin, le devoir de solidarité exige. Si rien n’est fait maintenant, les conséquences dépasseront les frontières. Birak et Guéréda ne sont pas des points sur une carte, mais l’épicentre d’une urgence que le monde ne peut plus ignorer. À travers ces contrées éloignées, le Tchad, dans sa douleur, appelle le monde à répondre présent.