À Pala, dans la province du Mayo Kebbi Ouest, un chantier public censé abriter la préfecture de Mayo Dallah est à l’abandon depuis près de trois décennies. Pendant ce temps, les services administratifs dudit département fonctionnent dans des locaux coloniaux délabrés, menaçant la sécurité du personnel et des usagers. Ce gâchis pose la question du déficit des infrastructures publiques et celle de la gestion des fonds alloués, pendant que la province compte nombre de projets inachevés.
Ce chantier, à l’abandon depuis près de trois décennies, se dresse comme un monument silencieux à l’inefficacité. Destiné à abriter la préfecture du département de Mayo Dallah, ce bâtiment, lancé au début des années 2000, est aujourd’hui une coquille vide, livré aux caprices de la nature et aux outrages du temps. Pendant ce temps, les services de la préfecture continuent d’être à l’étroit dans des locaux coloniaux décrépits, posant une menace constante sur les bureaux.
Des murs lézardés, des toits effondrés, des portes et fenêtres presque rongés : telle est la triste réalité du bâtiment qui accueille actuellement la préfecture du Mayo Dallah, la trésorerie provinciale et l’inspection du travail. Partagé par ces trois entités vitales, ce lieu insalubre met quotidiennement en péril le personnel et les visiteurs. La question qui brûle toutes les lèvres est la suivante : la préfecture du Mayo Dallah va-t-elle continuer à défier le danger, au risque de revivre un drame similaire à celui de l’EGTH 2 dans la province ?

Le chantier de la future préfecture, abandonné depuis plus de 25 ans, suscite de nombreuses interrogations et une indignation légitime. Pourquoi un tel gaspillage des ressources de l’État ? Le marché a-t-il été attribué à une entreprise fantôme ? Les autorités en charge des infrastructures ne disposent-elles d’aucune base de données pour recenser les projets en cours et ceux laissés à l’abandon ? À qui profite cet abandon, alors que l’État a déjà investi des millions dans sa construction ?
Ce bâtiment inachevé, situé sur l’axe principal de l’aéroport, n’est malheureusement pas un cas isolé.
Abba Oumarou, Correspondant

