À l’occasion de la Journée mondiale pour le travail décent, célébrée ce 7 octobre 2026, la Confédération libre des travailleurs du Tchad (CLTT) a appelé au renforcement de la protection des travailleurs et au respect des normes du travail. La centrale syndicale dénonce notamment les faibles niveaux de rémunération, l’insuffisance de la protection sociale, le chômage des jeunes et les difficultés liées au coût de la vie. Dans une déclaration faite ce 07 octobre 2026, le Secrétaire général de la (CLTT), Brahim Ben Seïd, a estimé que plusieurs travailleurs restent confrontés à des conditions d’emploi précaires. « Les travailleurs n’ont pas de logements décents, ni une protection sociale dans certaines entreprises, ni un contrat en bonne et due forme. »
Selon le responsable syndical, certaines dispositions du Code du travail ainsi que les conventions n°87 et n°98 de l’Organisation internationale du travail (OIT) ne seraient pas suffisamment respectées. Il dénonce notamment la situation de travailleurs sous-payés ou non déclarés à la Caisse nationale de prévoyance sociale, de fonctionnaires en attente de régularisation, de jeunes qualifiés sans emploi et de retraités confrontés à des difficultés sociales.
La (CLTT) alerte sur le coût de la vie
La centrale syndicale établit également un lien entre les conditions de travail et l’évolution du coût de la vie. Brahim Ben Seïd affirme que les prix de plusieurs produits, locaux comme importés, ont augmenté sur les marchés tchadiens. Pour la CDT, le travail doit permettre aux travailleurs de subvenir à leurs besoins et de préserver leur dignité. « Le travail est plus qu’un moyen de subsistance. Il est une expression de la dignité humaine, un facteur d’identité et d’intégration sociale. »
La centrale syndicale appelle ainsi à un nouveau cadre social fondé notamment sur le respect des droits des travailleurs, la protection sociale, des rémunérations permettant de couvrir les besoins essentiels, l’égalité entre les travailleurs et leur participation aux processus de décision.
Moins de 100 inspecteurs pour plus de 5 000 entreprises
La (CLTT) pointe également les limites du dispositif d’inspection du travail. Selon Brahim Ben Seïd, le Tchad compte moins de 100 inspecteurs du travail pour plus de 5 000 entreprises. « Vous savez que nous avons plus de 5 000 entreprises et nous avons moins de 100 inspecteurs du travail. Comment voulez-vous que les gens puissent contrôler ces entreprises ? »
Pour le secrétaire général de la (CLTT), cette situation constitue une difficulté dans le contrôle de l’application du Code du travail sur l’ensemble du territoire. La centrale syndicale demande par ailleurs l’intervention des autorités afin de renforcer l’application des textes régissant les relations professionnelles. « La (CLTT) déplore l’inertie du gouvernement face à cette dérive et demande l’intervention personnelle des plus hautes autorités du pays pour faire respecter les lois par le gouvernement et le patronat. »
À l’occasion de cette Journée mondiale pour le travail décent, la (CLTT) dit enfin vouloir privilégier la concertation sociale, la promotion des normes du travail et l’instauration d’un climat de travail apaisé entre les différents acteurs.

