Les deux opérateurs de téléphonie mobile au Tchad, Airtel Tchad et Moov Africa, ont récemment suspendu les transactions dites « côté stock», très prisées par les usagers pour leur simplicité et leur accessibilité jusque dans les coins reculés. En lieu et place, ils ont introduit leurs services respectifs de transfert d’argent mobile : Airtel Money et Moov Money.
Ce changement, abrupt pour de nombreux utilisateurs, peine à s’imposer dans un environnement où l’ancienne méthode de transaction avait su s’ancrer dans les habitudes quotidiennes. Si des nouvelles plateformes offrent une meilleure sécurisation des opérations pour les téléphonies mobiles installées au Tchad, elles sont loin de procurer la même satisfaction pour les clients. D’abord, leur couverture reste partielle sur l’ensemble du territoire, rendant l’accès difficile dans plusieurs zones reculées, et ne sont pas assez vulgarisées. En outre, ces services s’accompagnent désormais d’une double tarification : des frais sont prélevés au départ de même qu’au moment du retrait de l’argent par le bénéficiaire.
Cette nouvelle configuration place le consommateur tchadien, déjà économiquement vulnérable, dans une position inconfortable. Nombreux sont ceux qui dénoncent un système à sens unique, au profit des opérateurs et au détriment des usagers. Le sentiment d’être pris en otage par ces géants du secteur s’étend de plus en plus pendant que les autorités publiques brillent par leur silence l’ouvrant ainsi les consommateurs au mercantilisme de Moov Africa et Airtel Tchad. En plus, à aucun moment ce changement n’a fait l’objet d’une annonce ou communication de la part des deux opérateurs téléphoniques. Encore un mépris à l’endroit de la clientèle comme à leurs habitudes.
Face à cette nouvelle situation, le silence du gouvernement est interprété comme un blanc-seing aux deux téléphones mobiles. Faute de réponses appropriées, les clients ne peuvent que chercher de solutions. Recourir aux services de téléphonies mobiles installer dans les villes camerounaises voisines du Tchad est l’une des conséquences de cette anomalies. La récente sortie du régulateur du secteur de téléphonie rajoute une couche au problème. Une réponse concrète est attendue pour rétablir l’équilibre et redonner aux usagers la place qui leur revient.
Par MADJINODJI NGARBE ELUARD

