• 21 octobre 2026
  • N'Djamena

Tibesti : Trois leaders de la milice armée de Miski sous le coup de mandats d’arrêt internationaux

Tibesti : Trois leaders de la milice armée de Miski sous le coup de mandats d’arrêt internationaux

L’affaire de Miski, dans la province du Tibesti, prend d’ores et déjà un autre tournant avec l’entrée en action de la justice tchadienne, qui entend désormais donner une suite judiciaire à cette affaire qui, par les faits et gestes, laisse entrevoir l’existence d’un « État dans un autre » . Par décision du 14 octobre 2026, le Parquet général près la cour d’appel d’Abéché a émis trois mandats d’arrêt internationaux contre les présumés responsables de ce qui est désormais officiellement désigné comme la « milice armée de Miski ».

En effet, trois responsables de la milice armée sont visés : Djimet Chaha, présenté comme son président, Rozi Losso, son vice-président, et Abdelkérim Kallabo, son conseiller.

Une qualification pénale lourde
Les trois hommes sont poursuivis pour des faits d’une extrême gravité. Les mandats, consultés par nos soins, font état d’accusations d’« assassinat » (article 307 du Code pénal), d’« atteinte à l’intégrité de l’État » (article 86) et d’« association de malfaiteurs » (article 181). Ces infractions relèvent désormais de la compétence de la Cour d’appel d’Abéché.
Sur le plan strictement juridique, ces mandats internationaux portent ordre de déferrement. Ils ordonnent aux autorités, aux officiers judiciaires et aux mandataires de tous les États, ainsi qu’à la force de mise en œuvre, de « rechercher, arrêter et déférer sans délai » les mis en cause devant la juridiction d’Abéché. La procédure précise également que l’arrestation devra être notifiée sans délai au Greffier du Tribunal pénal international, ce qui souligne la dimension transfrontalière et la portée pénale majeure de cette action judiciaire.

Une procédure qui s’affranchit des frontières
Au-delà de la recherche des personnes visées par la justice , ces mandats d’arrêt internationaux revêtent la gravité des faits dans le dossier de Miski. Ils traduisent la volonté des autorités de poursuivre les personnes mises en cause, y compris au-delà des frontières nationales, pour les faits qui leur sont reprochés, dans le respect des procédures légales.

La demande d’information immédiate du Greffier du Tribunal pénal international atteste de la volonté de la justice tchadienne d’inscrire cette procédure dans le cadre des mécanismes judiciaires internationaux.

La fin d’un dialogue de dupes
Cette action judiciaire marque un tournant dans la posture de l’État tchadien dans son ensemble face à cette entité. Pendant plusieurs années, le Gouvernement a privilégié la voie du dialogue et la préservation de la paix, en négociant avec un regroupement qui se présentait alors comme un mouvement de défense d’intérêts locaux et de revendication par des moyens légaux.
Mais cette approche semble être perçue comme un aveu de faiblesse par ce groupe qui a progressivement basculé dans des actions criminelles graves. Face à cette dérive belliqueuse , les autorités ont décidé de reprendre la main. La fin de cette anarchie semble désormais se dessiner. L’émission de ces mandats d’arrêt internationaux semble traduire la volonté des autorités de réaffirmer l’autorité de l’État dans cette partie du territoire, comme sur l’ensemble du territoire national, et de faire répondre les responsables présumés de leurs actes devant la justice.

Au regard des faits qui leur sont reprochés, les autorités privilégient désormais la voie judiciaire à l’égard des responsables présumés, en engageant des procédures visant à établir les responsabilités et à faire appliquer la loi.