• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Tchad : voici les raisons du retrait du GCAP des activités politiques

Tchad : voici les raisons du retrait du GCAP des activités politiques

Dans une déclaration rendue publique le 22 octobre 2025, le Groupement de concertation des acteurs politiques (GCAP) a annoncé le retrait de ses partis membres de toutes les activités politiques, en signe de protestation contre une série de mesures institutionnelles qu’il qualifie de « confiscation du pouvoir » par le parti au pouvoir et de transformation du pays en « propriété politique ». Cette décision prendra effet le 31 octobre 2025.

Le GCAP accuse des députés et sénateurs proches du Président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, d’avoir procédé à des modifications constitutionnelles et institutionnelles du préambule jusqu’à la mainmise sur la justice destinées, selon sa déclaration, à pérenniser le pouvoir du MPS.

Face à ce qu’il appelle une « promulgation irrégulière d’une constitution », le regroupement politique a décidé de se retirer temporairement des activités politiques, en guise de protestation pacifique.

Le GCAP reproche également à certaines autorités récemment nommées de s’être arrogé des prérogatives appartenant au peuple. Parmi les points dénoncés figurent :
la modification du préambule supprimant le pluriel « Nous, Peuple tchadien » ;
la transformation du 1er décembre (fête du MPS) en fête nationale ;
la concentration de fonctions, le chef de l’État cumulant des responsabilités publiques et privées ;
la création d’un poste de vice-Premier ministre ;

le transfert de certaines publications prérogatives du Conseil supérieur de la magistrature au ministre de la Justice ;
l’allongement unilatéral des mandats et l’ouverture à une candidature illimitée du chef de l’État.


La possibilité de reporter indéfiniment les élections à tous les niveaux. Selon le Groupement de concertation des acteurs politiques, « cet acte hautement politique n’est nullement une démission, mais une protestation pacifique et politique contre la confiscation des droits fondamentaux et des libertés publiques ». En adoptant cette position, le GCAP marque une nouvelle étape dans la confrontation politique au Tchad.

Le retrait de ses activités vise à alerter l’opinion publique sur ce qu’il décrit comme une dérive autoritaire. Les prochains jours permettront de savoir si cette décision mènera à un mouvement de contestation plus large, à des négociations ou à une recomposition institutionnelle du paysage politique.

Soliri Charlotte