• 7 mars 2026
  • N'Djamena

Tchad : trois généraux et deux civils devant le tribunal pour corruption présumée

Tchad : trois généraux et deux civils devant le tribunal pour corruption présumée

Après plusieurs semaines de détention provisoire pour des faits présumés de corruption et de complicité de corruption, trois officiers généraux et deux civils ont comparu ce mercredi matin devant le tribunal, dans l’enceinte de la maison d’arrêt de Klessoum.

Il s’agit du Général Massar Houd Adam, du Général Hamit Mahamat Sirguinko, M. Mahamat Idriss Soussa, du Général Angaye Djimet Barka et M. d’Azaki Cheltoute Algadam. Ils sont poursuivis pour avoir tenté de corrompre un juge en vue d’obtenir la libération de l’ancien Trésorier d’Abéché, accusé de détournement de plusieurs milliards de francs CFA. Il faut rappeler que suite à une procédure judiciaire engagée par l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption ( AILC), ses biens ont été récemment saisis et ses comptes sont gelés.

Tous les prévenus ont plaidé non coupables, soutenant qu’il s’agissait d’un « coup monté de toutes pièces par le juge ».

Au cours de l’audience, le Président du tribunal, Alhadji Issa, a interrogé les accusés sur les versements effectués.
— « Que représentent alors les 30 millions de francs CFA et le véhicule V8 remis au juge ? » a-t-il demandé.
— « C’était une caution réclamée par le juge pour la libération sous condition de notre fils malade », ont rétorqué les prévenus.
— « Est-ce dans un cadre privé qu’on paie une caution pour la libération d’un détenu ? », a alors répliqué le Président.

La défense, composée de huit avocats, a réclamé l’audition du juge Djoumah, estimant qu’« il ne peut y avoir de corrupteurs sans corrompu » et qu’il demeure un acteur clé dans cette affaire. Sans son témoignage, ont-ils souligné, « il serait impossible d’établir la vérité ».

Le Procureur de la République, Youssouf Mahamat Maïna, s’est opposé à cette requête, invoquant les articles 527 et 528 du Code de procédure pénale, selon lesquels le Tribunal est incompétent pour interpeller un magistrat en exercice.À l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré pour le 12 novembre prochain.

Togbé Betoubam Ruben