Pendant la saison des pluies, les marchés de la capitale se transforment en véritables zones à risque. Faute d’infrastructures adaptées, commerçants et vendeuses, contraints par la nécessité de subvenir à leurs besoins, exposent leurs marchandises à même le sol, parfois sur des flaques d’eau boueuse.
Laitues, tomates, manioc, maïs, poissons et autres denrées de première nécessité se retrouvent ainsi directement exposés aux salissures et aux agents pathogènes. Faute d’alternatives, les consommateurs continuent de s’approvisionner dans ces conditions, sans mesurer pleinement les risques sanitaires.
Cette pratique, loin d’être anodine, favorise la propagation des maladies hydriques, notamment le choléra. En cette période de pluies, cette infection diarrhéique aiguë, causée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés, connaît une recrudescence inquiétante. Selon des sources sanitaires, plusieurs cas de contamination, suivis de décès, ont déjà été signalés dans certaines localités, particulièrement à l’est du pays.
La dotation des marchés en infrastructures adéquates s’impose aujourd’hui comme une urgence nationale. Car au-delà des désagréments économiques, c’est la santé publique et la prévention des épidémies récurrentes qui sont en jeu.
En attendant des solutions structurelles, les consommateurs sont appelés à une vigilance accrue : laver soigneusement les aliments avant consommation, éviter les produits crus issus de marchés insalubres et, surtout, respecter scrupuleusement les règles élémentaires d’hygiène pour réduire les risques de contamination.
Haoua Ousman Tchoutcha

