Dans le cadre de la promotion du numérique en tant que moteur de développement, le club des étudiants de l’ENASTIC (École Nationale Supérieure des Technologies de l’Information et de la Communication) a organisé, hier après-midi, une conférence-débat autour du thème : « Le numérique, facteur de développement économique et social ». L’événement s’est tenu dans l’enceinte de l’établissement, en présence de plusieurs étudiants, enseignants et professionnels du secteur.
L’objectif principal de cette rencontre était d’éveiller les consciences des étudiants aux enjeux du numérique, tout en sensibilisant les acteurs économiques, éducatifs et technologiques aux opportunités qu’il représente pour le Tchad. En ouverture des échanges, Mahamat Bokhit Hamdallah, doctorant en économie numérique, a livré une communication dense et instructive. Il a mis en évidence le rôle central que joue le numérique dans l’économie contemporaine. Selon lui, « le numérique est un levier incontournable du développement durable. Tout économiste soucieux de progrès doit en maîtriser les outils ». Il a, par ailleurs, rappelé que cette discipline est transversale, englobant les technologies de l’information et de la communication (TIC), l’intelligence artificielle, la téléphonie mobile et les plateformes digitales.
Pour étayer ses propos, Mahamat Bokhit Hamdallah a présenté quelques données significatives. Ainsi, au début de l’année 2024, le Tchad comptait 4,18 millions d’internautes. Parallèlement, le nombre d’utilisateurs de téléphones mobiles à l’échelle mondiale s’élevait à 5,35 milliards, ce qui illustre bien l’essor global de l’économie numérique.
Dans la suite du débat, l’expert en stratégie numérique, Saleh Mahamat Issaka, est intervenu pour insister sur le lien étroit entre développement économique et transition numérique. « Aujourd’hui, aucune nation ne peut aspirer à un développement durable sans investir massivement dans le numérique. Même les meilleures institutions d’enseignement reposent désormais sur l’usage du digital », a-t-il affirmé avec conviction.

Par ailleurs, il a identifié plusieurs secteurs clés dans lesquels le numérique pourrait transformer durablement le Tchad : l’agriculture intelligente, la télémédecine, l’éducation à distance et le commerce électronique. Cependant, il a regretté les obstacles persistants, en particulier la faible couverture Internet, encore loin des standards régionaux et internationaux.Pour finir, Mahamat Bokhit Hamdallah a proposé une série de recommandations concrètes pour assurer une transition numérique réussie. Il a notamment plaidé pour :
-Un déploiement accéléré de la fibre optique sur l’ensemble du territoire national ;
-Une amélioration de l’accès à l’énergie, indispensable au bon fonctionnement des infrastructures numériques ;
-Ainsi qu’une mobilisation inclusive de tous les acteurs, aussi bien publics que privés, autour d’une vision commune.
À travers cette initiative, l’ENASTIC réaffirme son ambition de jouer un rôle moteur dans la transformation numérique du Tchad, en misant sur la formation, la sensibilisation et l’innovation.
Timothée Temar

