• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Tchad : Le spectre du choléra plane sur le Mayo-Kebbi Ouest

Tchad : Le spectre du choléra plane sur le Mayo-Kebbi Ouest

Alors que plusieurs provinces du pays notifient de nouveaux cas de choléra, le Mayo-Kebbi Ouest, jadis foyer épidémique majeur en 2019 et 2020, se retrouve de nouveau sous haute vigilance. En effet, sa position frontalière avec le Cameroun et le Nigéria, deux pays confrontés à des flambées récurrentes, accroît considérablement son niveau d’exposition et la vulnérabilité de ses populations. C’est pourquoi les autorités sanitaires prennent très au sérieux la menace d’une résurgence de cette maladie entérique, hautement contagieuse et potentiellement mortelle.

Cependant, malgré les séquelles encore vives de la dernière épidémie, certaines pratiques quotidiennes font craindre le pire. Ainsi, dans les marchés bondés où se concentre une grande partie de l’activité économique, l’hygiène reste précaire : légumes, fruits et viandes sont exposés à même le sol, sans protection contre la poussière, les insectes ou les contacts humains. Par ailleurs, autre facteur de risque, les jarres d’eau mises à disposition des passants sur les trottoirs , symbole d’hospitalité locale peuvent se transformer en vecteurs de transmission en l’absence de contrôle sur la potabilité de l’eau.

Or, même si, pour l’heure, les cas confirmés se concentrent dans l’Est et le Centre du pays des zones géographiquement éloignées , les autorités sanitaires du Mayo-Kebbi Ouest refusent de baisser la garde. À ce propos, le Dr Abinon Djelamde, délégué provincial de la santé, a indiqué que « des dispositifs de veille épidémiologique sont activés ».

Dès lors, face à ce contexte, une campagne de sensibilisation de proximité et de grande envergure s’impose. Les équipes sanitaires, appuyées par les leaders communautaires, sont appelées à renforcer les messages clés : lavage régulier des mains, traitement de l’eau, consommation d’aliments chauds ou bien cuits. L’objectif est donc clair : briser la chaîne de transmission et éviter à la province de revivre le lourd tribut payé lors des épidémies de 2019 et 2020, dont les conséquences sanitaires et sociales restent encore présentes dans les mémoires.

Enfin, plus que jamais, l’éducation à l’hygiène apparaît comme la barrière essentielle pour préserver la santé publique et économique du Mayo-Kebbi Ouest.

Oumarou Abba, Correspondant