• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Tchad : Faute d’emploi, les jeunes de Moundou se tournent vers la fabrication de briques

Tchad : Faute d’emploi, les jeunes de Moundou se tournent vers la fabrication de briques

Dans la capitale économique du Tchad, le manque criant d’opportunités d’emploi pousse une jeunesse déterminée vers les rives du Lac-Wey. Armés de houes, pelles, moules, pioches brouettes et d’autres accessoires, ces jeunes s’adonnent à la fabrication de briques, une activité laborieuse mais vitale pour joindre les deux bouts.

Le travail s’organise individuellement ou en groupe. Ceux qui disposent de plus de moyens n’hésitent pas à employer d’autres jeunes, créant ainsi une micro-économie solidaire. Les portions de terre, équivalant à mille briques, sont louées ou achetées, le propriétaire percevant 1500 francs CFA par portion.

Allaramadji Yannick, un briquetier engagé, témoigne : « J’ai commencé ce travail en 2009. Cela me permet de subvenir aux besoins de ma famille et de scolariser mes enfants. Je n’ai pas eu la chance d’étudier longtemps, alors je me bats pour que mes enfants ne fabriquent plus de briques, mais trouvent un avenir meilleur. »

À ses côtés, Djekodom Mbairamadji, arrangeant sereinement ses briques, souligne la difficulté de trouver un emploi à Moundou. « Étant jeune, je ne pouvais pas rester les bras croisés, d’autant plus que Dieu m’a donné la force physique. Seul, je fabrique parfois 600 à 700 briques par jour, mais nous travaillons aussi en groupe. ». Il lance un appel aux autres jeunes tentés par l’oisiveté ou la délinquance : « Celui qui se manifeste, nous l’aiderons à s’en sortir comme nous. ».

Sangdé Gilbert aborde dans le même sens, exhortant les jeunes à ne pas céder à la facilité. « Ils se moquent de nous et disent qu’ils ne peuvent pas fabriquer des briques. Mais je trouve que c’est de l’ignorance. ».

Les briques cuites se vendent entre 25 000 et 30 000 FCFA les mille, tandis que les briques non cuites partent entre 7 000 et 8 000 FCFA. La proximité du Lac-Wey facilite grandement le travail. Ces jeunes passent parfois toute la journée à travailler et à surveiller leurs productions contre les voleurs et les bœufs. Au bord du Lac-Wey, c’est une vie qui se construit, un témoignage de résilience face au manque d’emploi et d’opportunités à Moundou.

Dingaorané Stephane, Correspondant