• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Tchad : 25 conflits recensés et 136 morts au 1er semestre 2025, d’après l’OCHA

Tchad : 25 conflits recensés et 136 morts au 1er semestre 2025, d’après l’OCHA

Entre le 1er janvier et le 30 juin 2025, le Tchad a enregistré 25 conflits intercommunautaires et intracommunautaires, selon les données officielles publiées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Ce chiffre représente une baisse de 10,7 % par rapport au second semestre 2024, qui avait comptabilisé 28 incidents, et une diminution de 3,9 % par rapport à la même période en 2024 (26 incidents).

Cependant, si la fréquence de ces affrontements a légèrement reculé, leur intensité et leur impact humain se sont considérablement aggravés. D’après OCHA, les violences survenues au cours du premier semestre 2025 ont fait 136 morts et 166 blessés, un bilan bien plus lourd que celui du second semestre 2024 (71 morts et 61 blessés), ainsi que du premier semestre 2024 (111 morts et 88 blessés). Les femmes et les enfants figurent parmi les principales victimes.

Concernant la nature des conflits, l’analyse révèle que 52 % sont intercommunautaires, 24 % liés à des tensions entre éleveurs et agriculteurs, et 24 % à des litiges fonciers, mettant en lumière les causes profondes et structurelles des violences récurrentes dans plusieurs régions du pays.

Sur les 25 incidents recensés, 15 (soit 60 %) ont été signalés dans les provinces du Sud, une zone particulièrement exposée aux tensions foncières et aux conflits liés à la transhumance. La province du Lac constitue également un important foyer de tensions, avec 7 incidents enregistrés, représentant 28 % des cas rapportés à l’échelle nationale.

Ces données soulignent l’urgence de renforcer les mécanismes de prévention et de résolution des conflits, notamment au niveau local. Elles mettent également en évidence la nécessité d’une meilleure prise en charge des victimes, en particulier les groupes les plus vulnérables.

Ainsi, bien que le nombre d’incidents ait connu une légère baisse, la gravité croissante des violences impose une mobilisation accrue des autorités nationales, des partenaires techniques et des acteurs de la société civile pour contenir ces dynamiques et œuvrer à une paix durable au Tchad.