• 7 mars 2026
  • N'Djamena

Société: Quand insécurité et insalubrité règnent sous l’échangeur de Chagoua

Société: Quand insécurité et insalubrité règnent sous l’échangeur de Chagoua

Construit pour fluidifier la circulation et embellir la capitale, sous l’échangeur de Chagoua devait être un symbole de modernité. Aujourd’hui, il est devenu tout le contraire : un lieu de peur, d’agressions et de saleté. À la tombée de la nuit, traverser le sous-échangeur relève du courage. Agressions et vols s’y multiplient, au point que les habitants l’évitent autant que possible. « Pour traverser le sous-échangeur la nuit, il faut être un homme. Un gars assis dans le noir m’a dit : Diba téléphone hanaque dah (apporte ton téléphone). J’ai fui, deux autres m’ont poursuivi, heureusement j’ai trouvé refuge auprès des policiers qui étaient là », raconte Togoum Josué.

Le manque d’éclairage transforme l’endroit en terrain de chasse idéal pour les petits malfrats.

Comme si l’insécurité ne suffisait pas, l’espace est aussi devenu un dépotoir à ciel ouvert. Faute de toilettes publiques et d’entretien, l’odeur est insupportable. « Impossible de traverser sans se boucher le nez à cause de la puanteur », témoignent plusieurs passants. Ce lieu, censé valoriser N’Djamena, ternit aujourd’hui l’image de la capitale.

Malgré les plaintes, les autorités locales semblent fermer les yeux. Pour beaucoup, cet abandon équivaut à gaspiller les milliards investis dans sa construction. Les habitants demandent des solutions concrètes et rapides : sécuriser la zone avec une présence policière effective ; installer un éclairage public efficace ; mettre en place des toilettes adaptées et un système d’entretien ; sensibiliser les usagers au respect des lieux.

Le sous-échangeur de Chagoua ne doit pas rester un symbole d’échec. Il est urgent que les autorités redonnent à cette infrastructure sa fonction première : un espace sûr, fonctionnel et digne d’une capitale tournée vers le progrès.

Soliri Charlotte