Depuis le début de l’année 2026, la province du Sila est le théâtre d’une recrudescence d’incendies dévastateurs touchant aussi bien les départements, les sous-préfectures, les féricks, les camps de réfugiés, les quartiers urbains de Goz-Beïda que les villages périphériques. Cette vulnérabilité est accentuée par deux facteurs majeurs :
Densité démographique : une croissance urbaine rapide sans planification de sécurité incendie.
Pression humanitaire : l’afflux massif de réfugiés soudanais a entraîné la création de camps et d’installations temporaires hautement inflammables (paille, bois, bâches).
À ce jour, le chef-lieu de la province ne dispose d’aucune unité de sapeurs-pompiers opérationnelle. En cas de sinistre, les populations sont réduites à utiliser des moyens de fortune (sable, eau en seaux), ce qui s’avère totalement inefficace face à des feux de brousse ou des incendies domestiques de grande ampleur.
Face à cette tragédie récurrente, les populations et les autorités locales demandent au gouvernement central les mesures d’urgence suivantes :
création d’un Centre de Secours Principal à Goz-Beïda et l’affectation d’un contingent de sapeurs-pompiers professionnels ; la dotation d’au moins deux camions-citernes d’incendie et de véhicules d’intervention rapide.
Décentralisation des moyens : le déploiement d’unités de protection civile dans les chefs-lieux des départements les plus touchés (Koukou-Angarana, Kimiti). L’installation de points d’eau et de bouches d’incendie dans les marchés et à proximité des camps de réfugiés.
Prévention et sensibilisation : le lancement d’un programme national de sensibilisation aux risques d’incendie en milieu rural et dans les zones de forte concentration humaine ; la formation de comités de vigilance communautaires aux premiers secours.
L’absence de protection civile dans le Sila n’est plus seulement un manque d’infrastructures, c’est une menace directe pour la sécurité des populations et la stabilité humanitaire de la province. Le gouvernement est appelé à agir avant que la saison sèche n’aggrave davantage le bilan humain et matériel.
Bechir Ahmat Boukhari

