Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, a déclaré qu’il pourrait quitter le gouvernement et retourner dans l’opposition si le Président Bassirou Diomaye Faye venait à s’écarter de la vision défendue par le PASTEF (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité).
Cette déclaration, faite dimanche 1er mars, intervient dans un contexte de tensions latentes au sommet de l’exécutif sénégalais. Après une rencontre avec les coordinateurs de la coalition qui l’a porté au pouvoir, le Président aurait exprimé son souhait de rencontrer les députés de la majorité afin de normaliser le fonctionnement de la coalition . Une démarche à laquelle Ousmane Sonko se serait opposé, la qualifiant de « mauvaise idée ».
Le Premier ministre affirme ainsi être prêt à reprendre son rôle d’opposant en cas de divergence profonde avec la ligne politique du parti au pouvoir. Figure centrale de l’opposition sous l’administration précédente, Ousmane Sonko avait été empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 à la suite d’une condamnation judiciaire. Il avait alors porté la candidature de Bassirou Diomaye Faye, membre du PASTEF. Une fois élu, ce dernier l’avait nommé Premier ministre.
Au regard des tensions persistantes au sommet de l’exécutif sénégalais, une rupture entre les alliés d’hier apparaît désormais comme une hypothèse plausible. À mesure que la gouvernance évolue, les divergences semblent s’accentuer, laissant transparaître des désaccords stratégiques susceptibles d’entraver la cohésion de l’action gouvernementale, dans un contexte où la posture du Premier ministre est perçue par certains observateurs comme particulièrement rigide.

