Au quartier Maingara, dans le 6ᵉ arrondissement de la ville de Sarh, chef-lieu de la province du Moyen-Chari, le décès d’une enseignante survenu ces derniers jours continue de susciter émotion et interrogations au sein de la population. Les circonstances de sa mort font actuellement l’objet d’investigations de la part des autorités compétentes.
Selon plusieurs sources locales, la victime, qui souffrait d’une maladie, aurait quitté son domicile pour se rendre au sein d’une communauté religieuse installée dans le quartier, connue localement sous l’appellation d’« église de Moïse ». Informées de la situation, les forces de sécurité se sont rendues sur les lieux. Le responsable de la communauté ainsi que plusieurs fidèles ont été interpellés puis conduits à la brigade de recherches de Sarh afin d’être entendus dans le cadre de l’enquête ouverte pour faire la lumière sur les circonstances du décès.

Des membres de la famille de la défunte estiment que la responsabilité de cette communauté pourrait être engagée. Toutefois, aucune conclusion officielle n’a, pour l’heure, été communiquée par les autorités.
Approché, le responsable de la communauté religieuse n’a pas souhaité faire de déclaration publique ni préciser la dénomination officielle de son organisation. Selon certains fidèles présents sur place, le groupe se présenterait sous le nom de « Les Élus de Dieu », dirigé par un homme identifié comme Noubaramadji Moïse.
Plusieurs témoignages recueillis dans l’entourage de la communauté évoquent également des pratiques religieuses strictes. Certains fidèles affirment que les membres sont encouragés à se consacrer entièrement à la vie spirituelle, allant parfois jusqu’à l’abandon des activités professionnelles. Le corps de l’enseignante a été déposé à la morgue de Sarh en attendant les dispositions relatives à son inhumation et d’éventuelles expertises médico-légales.
En attendant les conclusions de l’enquête, le responsable de la communauté et certains fidèles restent placés en garde à vue. Les autorités appellent à la prudence et rappellent que seules les investigations en cours permettront d’établir les responsabilités éventuelles dans cette affaire qui suscite une vive émotion dans la ville.
Nadjilem Adolphe, Correspondant

