À Sarh, chef-lieu de la province du Moyen-Chari, un phénomène inhabituel attire l’attention des habitants cette année. La mangue, fruit très apprécié en cette période, se fait particulièrement rare sur les marchés et dans les vergers. Entre perturbations climatiques, baisse de production et hausse des prix, producteurs et consommateurs tentent de comprendre les causes de cette situation inhabituelle.
«La Ville verte », réputée pour l’abondance de ses manguiers et la générosité de ses récoltes saisonnières, l’année 2026 marque une rupture inattendue. Dans les marchés, les quartiers et même dans les vergers, les mangues se font rares, une situation qui surprend aussi bien les habitants que les producteurs.
Habituellement, à cette période de l’année, les étals des marchés de Sarh regorgent de mangues aux couleurs éclatantes. Mais cette saison, la réalité est bien différente. Au marché central et au marché de Yalnas, seules quelques bassines de mangues sont timidement exposées, tandis que les prix connaissent une forte hausse.Pour les commerçantes, cette situation reste inhabituelle. « Cette année, les manguiers n’ont presque rien produit. Personne ne s’attendait à cela. Le prix d’un tas de mangues qui se vendait à 500 francs l’année dernière a presque doublé », explique Mingué, vendeuse de fruits au marché de Yalnas.

Du côté des producteurs, la baisse de production serait liée aux conditions climatiques qui ont perturbé la floraison des manguiers. Dans plusieurs vergers situés à la périphérie de Sarh, les arbres portent très peu de fruits. Les consommateurs ressentent également les effets de cette pénurie. Dans de nombreuses familles, la mangue, habituellement abondante et accessible, devient presque un produit de luxe. « Nos enfants aiment beaucoup les mangues, mais cette année on n’en trouve pas facilement et les prix sont élevés sur le marché », confie Solkem Jeannette, mère de quatre enfants. Face à cette situation inhabituelle, certains acteurs locaux appellent à renforcer la sensibilisation des producteurs sur la gestion des vergers et l’adaptation aux changements climatiques.
Selon le Délégué provincial de l’Agriculture et de la Transformation agricole du Moyen-Chari, Haroun Siel, plusieurs facteurs expliquent cette baisse de production. « Les fortes pluies enregistrées vers la fin de la saison pluvieuse ont provoqué la chute des fleurs des manguiers, entraînant ainsi une baisse considérable de la production cette année. Une autre raison réside dans le vieillissement des manguiers dans la province », explique-t-il. En attendant, les habitants de Sarh espèrent une amélioration de l’offre dans les prochaines semaines. Mais pour beaucoup, la saison 2026 restera déjà marquée comme l’une des plus pauvres en mangues de ces dernières années.
Nadjilem Adolphe, Correspondant

