À N’Djamena, les automobilistes méconnaissent les codes de la route et excellent dans l’excès de vitesse. Cet excès de vitesse s’est encore accentué pendant la période de Ramadan. Courage à celui qui se retrouve sur la voie publique entre 17 h 30 et 18 h. Tout le monde est pressé, voulant pour la plupart rompre le jeûne à domicile.
À cette allure, le risque d’accident est apparent. Moussa, mécanicien au quartier Ardepdjoumal, a frôlé l’accident en cette période. Depuis lors, il a changé de stratégie. “Un jour, je rentrais vers 17 h. La chaîne de ma moto a lâché. On m’a cogné par derrière. Heureusement que nous n’étions pas blessés. Maintenant, je préfère rompre le carême ici pour rentrer après 18 h.” Car après 18 h, la circulation est moins dense, les ronds-points et les ponts ne sont plus bondés, facilitant ainsi la circulation.
Cette stratégie est adoptée par plusieurs personnes ces derniers temps. Théodore, jeune avocat stagiaire, n’aime pas non plus circuler à n’importe quel moment de la journée. “Je viens très tôt et je rentre très tard. Ça me permet même de beaucoup bosser. En journée, les gens roulent à toute vitesse, et ceux qui sont dans les bus et les voitures crachent sur toi. C’est vraiment dégoûtant. Je préfère rentrer vers 19 h, même si je crains un peu pour ma sécurité,” témoigne-t-il.
Ni l’état des routes, ni les campagnes de sensibilisation de l’Office national de sécurité routière (ONASER) n’ont réussi à freiner cette conduite dangereuse. Face à cette situation, une prise de conscience collective et un renforcement des mesures de régulation s’imposent pour limiter les accidents et garantir une circulation plus sûre à N’Djamena.