• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Province du Lac : La situation humanitaire toujours critique malgré le recul des violences armées

Province du Lac : La situation humanitaire toujours critique malgré le recul des violences armées

Alors que les incursions des groupes armés non étatiques (GANE) semblent marquer un recul, la province du Lac demeure confrontée à une crise humanitaire multiforme, alimentée par les conflits fonciers, les déplacements massifs de population et une insécurité alimentaire persistante.

La situation humanitaire reste alarmante. Si les attaques des groupes armés non étatiques ont enregistré une baisse, leurs conséquences continuent d’impacter durement les communautés locales, souligne un document de suivi. Déplacements forcés, restriction des activités de subsistance notamment la pêche tensions foncières et incendies fragilisent encore davantage cette zone déjà vulnérable.

Entre avril et juin 2025, cinq conflits intercommunautaires ont été recensés, causant six morts et 41 blessés, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Ces affrontements, souvent liés à la pression foncière, se sont intensifiés dans les zones humides du Lac, notamment dans les polders récemment redevenus exploitables en raison de l’élévation du niveau des eaux. Face à cette situation, les autorités ont interdit l’accès à plusieurs zones agricoles disputées. Une décision qui, selon l’OCHA, pourrait gravement compromettre la production locale et aggraver l’insécurité alimentaire, déjà critique dans la province, où la malnutrition aiguë sévère (MAS) atteint une prévalence de 2,5 %.

La dynamique des déplacements de populations demeure également préoccupante. Le Groupe de travail sur les mouvements de populations rapporte une moyenne mensuelle de plus de 3 600 personnes déplacées entre janvier et mai 2025. Rien qu’en mai, environ 2 700 personnes ont fui les violences dans les sous-préfectures de Kaiga-Kindjiria et de Ngouboua. Par ailleurs, quatre incendies ont été signalés au cours de la même période, sans qu’une évaluation des besoins ait pu être réalisée.

L’accès humanitaire devient également de plus en plus difficile, notamment dans le département de Fouli. La stagnation des eaux entrave l’intervention des équipes humanitaires dans certaines zones où se trouvent les personnes déplacées internes (PDI). Parallèlement, la réduction des financements, conjuguée à un sous-financement structurel des opérations humanitaires dans la province, limite considérablement les capacités de réponse des acteurs sur le terrain.

Face à ces multiples défis, les autorités locales et les partenaires humanitaires sont appelés à intensifier leurs efforts afin d’éviter une aggravation de la situation. La saison des pluies à venir pourrait en effet compliquer davantage l’accès aux populations les plus isolées.