• 7 mars 2026
  • N'Djamena

Palmier dattier au Tchad : entre traditions enracinées et potentiel inexploité

Palmier dattier au Tchad : entre traditions enracinées et potentiel inexploité

Longtemps enraciné dans la culture et les paysages de la zone sahélienne, le palmier dattier, notamment présent dans la région du Kanem, reste largement sous-exploité au Tchad. Pourtant, cette espèce fruitière recèle un potentiel économique considérable.

Principalement cultivées dans les ouadis des provinces du Grand Kanem et du Borkou-Ennedi-Tibesti (BET), les dattes sont couramment vendues sur les marchés de Mao et parfois acheminées vers d’autres provinces, jusqu’à N’Djamena. Offrir des dattes en quittant Mao est une pratique culturelle profondément ancrée, signe de l’attachement des populations locales à ce fruit.

Cependant, cette richesse naturelle souffre d’un cruel manque de valorisation. Faute de transformation et de conservation adaptées, les dattes ne sont que rarement disponibles durant la saison sèche, et ne sont que très peu exportées sous forme de produits dérivés, tels que le jus de dattes ou d’autres denrées alimentaires. Sur le terrain, l’équipe de Manara TV a observé une situation préoccupante : les producteurs locaux, bien qu’ingénieux, manquent d’accompagnement, de matériel et de débouchés.

Malgré l’absence d’investissements structurants, certaines communautés poursuivent la fabrication artisanale de produits à base de dattes, souvent destinés à être offerts aux visiteurs. Cette production informelle reste insuffisante pour stimuler une véritable dynamique économique autour du palmier dattier.

Il est temps que l’État tchadien, en partenariat avec les ONG et les acteurs du secteur privé, engage une politique volontariste pour relancer cette filière. Cela implique la mise en œuvre de programmes de replantation de palmiers dattiers, le renforcement des capacités des producteurs à travers des formations ciblées, la création de centres de transformation, ainsi qu’un appui financier soutenu.

Le Tchad, pays du Toumaï et terre d’héritages millénaires, gagnerait à revaloriser le palmier dattier, non seulement pour préserver une tradition, mais surtout pour en faire un levier de développement durable. En transformant ce fruit en ressource économique, le pays ouvrirait la voie à de nouvelles opportunités, créatrices d’emplois et de revenus, tout en renforçant la sécurité alimentaire des zones concernées.

Djidda Mahamat Oumar, Correspondant