À Palakun, village situé à une vingtaine de kilomètres de Gagal, le secteur de l’élevage est sous le choc après la mort d’un troupeau entier de 28 bœufs, survenue seulement trois jours après une opération de vaccination. Alors que l’éleveur déplore la perte de son capital, une menace sanitaire plane, les populations Quant à elles, ont récupéré les carcasses pour les consommer, ignorant les risques liés à une possible toxicité.

Le 4 février, dans les vastes plaines de Palakun, localité du département de Nanaye, un geste préventif de routine s’est transformé en drame. Un agent vétérinaire de relais est intervenu pour vacciner le bétail contre la péripneumonie contagieuse bovine. Trois jours plus tard, 28 animaux s’effondraient successivement, provoquant stupéfaction et inquiétude.
Les premières investigations laissent entendre une faute professionnelle grave. Selon Abdoulaye Youssouf, Chef de poste vétérinaire de Salamata, qui avait dépêché l’agent sur le terrain, ce dernier ne se serait pas limité aux produits officiels fournis par les services techniques, mais aurait utilisé des substances exogènes non homologuées.
Cette situation soulève d’importantes questions sur le contrôle des agents de terrain, souvent éloignés du suivi direct des autorités. Désemparé, l’éleveur témoigne de la perte d’une vie entière de travail en quelques heures seulement.
Le drame prend une dimension sanitaire supplémentaire par ignorance, les habitants ont récupéré la viande impropre pour la consommer. Si le produit utilisé a pu tuer des animaux de plusieurs centaines de kilos, les conséquences sur l’homme pourraient être graves, voire désastreuses.
Cet incident met en lumière une réalité préoccupante , la fragilité du suivi vétérinaire au Tchad, un paradoxe pour un pays où le cheptel bovin constitue l’un des piliers fondamentaux de l’économie nationale.


