Le football est une passion universelle qui rassemble des millions de personnes à travers le monde. À Pala, cette ferveur existe bel et bien, mais elle est ternie par des conditions de jeu qui vont à l’encontre des bonnes pratiques sportives. En effet, le championnat senior de la ville se dispute sur un terrain loin de répondre aux standards requis, soulevant de sérieuses inquiétudes en matière de sécurité pour les joueurs.
Le terrain présente des caractéristiques préoccupantes : des dimensions incohérentes, des poteaux de buts aux diamètres inégaux, une surface de jeu irrégulière mêlant gravillons, sable et creux laissés par les eaux pluviales. Autant d’éléments qui transforment chaque match en un risque permanent de blessure. Une simple accélération peut se terminer par une chute dans un trou, et un geste défensif mal appuyé peut être compromis par un sol glissant.
La sécurité des spectateurs est également compromise. Les abords du terrain sont occupés par le public, y compris sur les lignes de touche et derrière les buts. Cette promiscuité oblige les arbitres assistants à évoluer sur l’aire de jeu, créant confusion et tensions. Des enfants, insouciants face au danger, se tiennent parfois derrière les filets, exposés aux tirs puissants ou aux chocs accidentels.
Au-delà du danger, l’état du terrain affecte directement la qualité du jeu. Les passes sont rares, les enchaînements hasardeux, et la maîtrise collective quasi inexistante. Le récent match entre l’AS Mairie et le club Élan de Derby en a été l’illustration parfaite : un jeu haché, pauvre en occasions, et loin des standards d’un championnat compétitif.
Ce constat soulève plusieurs questions :
Pourquoi Pala ne dispose-t-elle pas d’un véritable stade de football ?
La ligue provinciale compte-t-elle maintenir les compétitions dans de telles conditions, au risque de mettre en danger joueurs, arbitres et supporters ?
Peut-on réellement espérer former des talents compétitifs dans un environnement aussi précaire ?
Tant que le football de base ne sera pas structuré, équipé et valorisé, le Tchad continuera de nourrir l’espoir de compétitions internationales… sans jamais y jouer un rôle significatif. La mise en œuvre de la décentralisation pourrait offrir une lueur d’espoir, à condition que l’infrastructure sportive devienne une véritable priorité.

