Ce mardi 6 août 2025 à Ndjamena, plus d’une centaine de femmes balayeuses se sont rassemblées devant la mairie centrale de N’Djamena pour dénoncer ce qu’elles qualifient de licenciement abusif. En colère, elles réclament également le paiement de deux mois de salaires impayés.
Munies de pancartes sur lesquelles on pouvait lire en lettres noires : « Renvoi abusif, pas de recrutement », les manifestantes ont organisé un sit-in pacifique, attirant l’attention des passants et des autorités locales. Ces femmes, qui travaillaient pour le service d’assainissement de la ville, affirment avoir été renvoyées sans préavis ni explication formelle. « Nous avons travaillé dur chaque jour, sous le soleil, pour garder la ville propre. Aujourd’hui, on nous met à la porte sans explication et sans nous payer nos deux derniers mois de salaire. C’est inacceptable ! », déclare une manifestante. Une autre ajoute : « Nous travaillons ici depuis plusieurs années. Beaucoup d’entre nous sont veuves. Nos salaires nous permettent de nourrir nos enfants. Et voilà qu’on nous renvoie sans rien. Nous réclamons simplement ce qui nous est dû. »
La mairie réagit
Face à la mobilisation, la mairie centrale de N’Djamena a publié une note confirmant la fin des contrats à durée déterminée de ces agents temporaires : « La Commune de N’Djamena a mis fin, il y a deux semaines, aux contrats à durée déterminée de ses agents temporaires. Chaque agent a reçu un mois de salaire et les primes de départ prévues, conformément aux dispositions contractuelles. L’opération s’est déroulée dans le respect des procédures administratives, sous la supervision des directions de l’Assainissement et des Ressources humaines. » La mairie insiste sur sa volonté de gérer les ressources humaines de manière transparente et équitable.

Cette affaire remet en lumière les conditions de travail précaires dans le secteur de l’assainissement urbain, un domaine souvent confié à des femmes en situation de vulnérabilité. Le manque de protection sociale, l’absence de contrats stables et les retards de paiement sont autant de problèmes récurrents, régulièrement dénoncés par les travailleurs du secteur.
Les manifestantes appellent à un dialogue avec les autorités locales pour obtenir le règlement de leurs salaires impayés et la reconnaissance de leurs années de service. Pour l’heure, aucune rencontre officielle n’a encore été annoncée.

