L’installation de milliers de lampadaires solaires change progressivement le visage nocturne de N’Djamena. Dans plusieurs quartiers, les habitants saluent une meilleure sécurité et une activité plus dynamique après la tombée du jour. Mais cette amélioration s’accompagne de préoccupations. Des pannes répétées et l’absence de maintenance claire interrogent sur la durabilité du projet.
À la tombée de la nuit, N’Djamena révèle un nouveau visage. Dans de nombreux quartiers, les artères autrefois obscures s’illuminent grâce aux lampadaires solaires installés dans le cadre du projet « 11 000 lampadaires ». Lancée en 2023, cette initiative vise à renforcer l’éclairage public et à lutter contre l’insécurité. Aujourd’hui, plus de 10 000 lampes ont déjà été déployées, modifiant profondément le quotidien des habitants.
Dans les zones éclairées, le constat est immédiat. Les riverains saluent un geste « salutaire » et « indispensable ». Les déplacements nocturnes sont plus sûrs, les agressions semblent reculer et certains quartiers longtemps plongés dans l’obscurité retrouvent une activité animée une fois la nuit tombée. Pour de nombreux habitants, cette lumière représente un véritable regain de confiance.
Les retombées économiques sont également perceptibles. Des artisans, comme les menuisiers et les couturières, prolongent leurs activités grâce à une visibilité accrue. Les commerçants de quartier, eux, notent une hausse de la fréquentation nocturne. Dans plusieurs zones, l’éclairage facilite non seulement la mobilité, mais redonne aussi vie aux petites activités génératrices de revenus.
Cependant, derrière cet élan positif, des questions essentielles se posent. Depuis deux à trois mois, plusieurs lampadaires sont en panne. Quelle structure est chargée d’assurer la maintenance et l’entretien des équipements déjà installés ? Interrogé sur ce point, le Directeur général des Énergies nouvelles et renouvelables, Al-Waly Haroun Tchong-Tchong, reconnaît ces dysfonctionnements. Il explique qu’une entreprise a été officiellement mandatée pour assurer l’entretien du réseau. « L’entretien est indispensable. L’entreprise chargée de la maintenance doit commencer à arranger les lampadaires déjà en panne », assure-t-il, tout en confirmant que des interventions sont prévues pour remettre en service les lampes défectueuses.
Quelles sont les perspectives pour la poursuite et l’évolution du projet d’éclairage public ? Sur ce volet, le Directeur Général se veut optimiste. Il indique que l’extension du dispositif figure parmi les priorités et que d’autres quartiers sont appelés à bénéficier de nouveaux lampadaires solaires. Selon lui, cette technologie constitue une solution durable, économique et particulièrement adaptée aux besoins énergétiques du pays. Le gouvernement, précise-t-il, souhaite consolider ce programme pour répondre aux attentes de la population et améliorer durablement la sécurité urbaine.
Alors que N’Djamena continue de s’illuminer, les habitants espèrent que cette dynamique ne sera pas interrompue. Car éclairer une ville ne consiste pas seulement à installer des lampes : c’est aussi garantir qu’elles restent allumées. La lumière est là ; reste maintenant à la faire durer.
Yohane Djimet Djibrine

