Il y a quelques mois, les autorités municipales ont interdit la circulation des camions gros porteurs dans les zones urbaines pendant la journée. L’objectif est de désengorger les artères principales et fluidifier le trafic. Une mesure saluée par de nombreux usagers, mais dont l’application révèle aujourd’hui plusieurs limites.
La capitale tchadienne, à l’instar des grandes villes du pays, ne dispose pas encore de gares routières adaptées pour accueillir ces véhicules durant les heures de restriction. Faute d’espaces dédiés, les poids lourds s’entassent sur le goudron et obstruent les voies, aggravant ainsi la congestion qu’ils étaient censés réduire.
À Nguéli, principal point d’entrée des camions en provenance du Cameroun, le constat est particulièrement frappant : les poids lourds stationnent par dizaines, saturant les abords et transformant la zone en un vaste parking improvisé. Même constat du côté du marché de Dembé, où bus et minibus de transport public, dépourvus d’arrêts aménagés, s’alignent en désordre le long des chaussées, compliquant la circulation et exaspérant les usagers.

Face à cette situation, une question s’impose : comment concilier fluidité du trafic et organisation des transports dans une ville en pleine expansion ? Les regards se tournent vers les autorités municipales et l’ONASER, appelés à repenser l’aménagement urbain et les infrastructures de transport. Sans solutions concrètes et durables, l’interdiction imposée aux camions risque de produire l’effet inverse de celui recherché.
Togbe Betoubam Ruben

