Depuis plusieurs semaines, la pénurie de gaz domestique s’intensifie dans plusieurs quartiers de N’Djamena, plongeant les ménages, et particulièrement les femmes, dans une situation critique. Alors que le gaz est devenu introuvable ou vendu à des prix exorbitants, nombreuses sont celles qui n’ont d’autre choix que de se tourner vers le bois ou le charbon, pourtant formellement interdits dans la capitale pour des raisons environnementales et sanitaires.
Dans des quartiers comme Gassi, Chagoua, Dembé ou encore Walia, les longues files devant les rares points de vente témoignent d’une crise qui ne fait que s’aggraver.
Fatimé raconte :« Cela fait une semaine que je fais la tournée de plusieurs stations, mais il n’y a rien. On ne sait plus quoi faire. Les enfants doivent manger. »
Pour certaines, la seule option reste le bois, malgré les contrôles. Amina, vendeuse au marché de Dembé, confie : « On nous interdit le bois, mais on ne nous donne pas d’autre solution. Quand le gaz manque, comment doit-on cuisiner ? »
D’autres femmes doivent parcourir plusieurs kilomètres à pied ou en moto-taxi (clando), avec leurs bouteilles de gaz, souvent sans succès. Zara, habitante du quartier Farcha, témoigne :« Je suis partie jusqu’à Goudji ce matin parce qu’on m’a dit qu’il y avait du gaz là-bas. Arrivée, on m’a dit que c’était fini. C’est fatigant. C’est trop. »
Face à cette pénurie persistante, les femmes de N’Djamena lancent un appel pressant pour : accélérer l’approvisionnement en gaz, renforcer le contrôle des circuits de distribution, lutter contre la spéculation sur les prix, informer clairement la population des mesures prises.
« Le gouvernement doit nous entendre. On ne peut pas vivre comme ça. Le gaz n’est plus un luxe, c’est une nécessité », insiste Hadje, rencontrée à Artone.
La crise actuelle révèle la fragilité du système d’approvisionnement et l’absence de mécanismes de prévention des ruptures. Une stratégie plus durable s’impose, notamment à travers la diversification des fournisseurs, la constitution de stocks de sécurité,
le soutien aux ménages vulnérables.
En attendant, ce sont surtout les femmes, piliers des foyers, qui subissent de plein fouet les conséquences de cette crise.
Soliri Charlotte

