Des véhicules immobilisés, des files d’attente devant les stations-service et des conducteurs dans l’incertitude. À N’Djamena, les difficultés d’approvisionnement en gasoil perturbent depuis plusieurs jours les activités de nombreux usagers.
Nous faisons face à un sérieux problème de gasoil.
À la station Total de Goudji, plusieurs automobilistes, chauffeurs de taxis, conducteurs de camions et propriétaires de véhicules personnels attendent un éventuel réapprovisionnement. Certains patientent depuis plusieurs heures dans l’espoir de pouvoir reprendre leurs activités. « Nous faisons face à un sérieux problème de gasoil. Non seulement il est devenu très cher, mais malgré cette cherté, nous n’arrivons même pas à en trouver. Nous ne comprenons pas pourquoi cette situation perdure. Nous souffrons énormément, car notre travail dépend entièrement du carburant », témoigne un chauffeur rencontré sur place.
Cette indisponibilité du gasoil suscite des inquiétudes parmi les usagers, dont certains redoutent une aggravation de la situation dans les prochains jours. Plusieurs évoquent notamment les difficultés d’approvisionnement enregistrées en 2023, qui avaient duré plusieurs mois.
Cela fait plus de quatre jours que nous peinons à trouver du gasoil pour continuer à servir nos clients
Pour les professionnels du transport, les conséquences sont immédiates. L’arrêt prolongé des véhicules entraîne une baisse des recettes quotidiennes et complique le respect des engagements envers les clients. « Cela fait plus de quatre jours que nous peinons à trouver du gasoil pour continuer à servir nos clients. Je suis venu de Chagoua après avoir appris qu’il était possible de s’approvisionner à la station de Goudji. Malheureusement, à mon arrivée, il n’y avait toujours pas de gasoil. Nous sommes désemparés face à cette pénurie qui affecte directement notre travail et nos revenus », explique un autre conducteur.
Face à cette situation, les consommateurs espèrent un retour rapide à la normale afin d’éviter des perturbations plus importantes sur les activités économiques de la capitale, avec des répercussions potentielles dans les provinces.
En attendant, chacun tente de s’adapter aux difficultés rencontrées. « Depuis 10 heures, nous attendons ici pour nous approvisionner en gasoil. À la station Total, on nous informe qu’ils ne peuvent pas nous servir, évoquant une décision des autorités. Pourtant, dans d’autres stations, le carburant est disponible, mais avec une limite d’achat fixée à 50 000 francs CFA par client. Cette situation complique davantage notre quotidien », rapporte un automobiliste.
À Goudji comme dans plusieurs autres quartiers de N’Djamena, la rareté du gasoil met en évidence la dépendance de nombreuses activités économiques à ce carburant. Les difficultés d’approvisionnement affectent directement les déplacements, les revenus de nombreux travailleurs et le fonctionnement de plusieurs secteurs d’activité.
Yarcho Abani Abicho

