À Moundou, dans le sud du Tchad, la crise de l’emploi pousse de nombreux jeunes à faire preuve d’ingéniosité. Faute d’opportunités dans le secteur formel, ils se tournent vers des activités génératrices de revenus, notamment la création de stations de lavage d’engins à moteur. Installées le long des grands axes routiers, ces installations deviennent à la fois des lieux de travail et d’apprentissage.
Sous un soleil de plomb, on aperçoit des jeunes armés de seaux, de chiffons et de pompes à eau, s’activant autour de motos et de voitures couvertes de poussière. Pour beaucoup, cette activité représente une alternative à la précarité et à l’oisiveté. « Il n’y a pas de travail, mais rester les bras croisés n’est pas une solution », confie Mahamat, un jeune laveur rencontré sur place.

Avec des moyens limités, ces entrepreneurs improvisés parviennent à générer un revenu modeste, souvent suffisant pour subvenir aux besoins de leurs familles. Certains nourrissent même l’ambition d’agrandir leurs installations et d’employer d’autres jeunes.
Ces initiatives traduisent la capacité d’adaptation d’une jeunesse confrontée à un avenir incertain. Dans une ville où le chômage des jeunes atteint des niveaux préoccupants, ces stations de lavage ne sont pas seulement un gagne-pain : elles incarnent la résilience et l’espoir d’une génération déterminée à refuser la fatalité.

