Lancée le 4 avril dernier par la Mairie de Moundou, l’opération de curage des caniveaux visait à préparer la ville à affronter la saison des pluies. Une semaine après son lancement, le bilan sur le terrain apparaît mitigé.
Si des associations de jeunes et des groupements de femmes ont été mobilisés pour assainir la capitale du Logone Occidental, leur présence reste inégale selon les quartiers. Dans plusieurs zones, les caniveaux demeurent bouchés et les déchets extraits s’entassent sur les trottoirs, faute d’une évacuation rapide. Une situation qui fait craindre aux habitants une dégradation des conditions sanitaires avant même l’arrivée des fortes pluies.
Au quartier Doyon, l’attente des agents municipaux a laissé place à l’initiative citoyenne. Rimbarné Madji Arnaud exprime sa frustration :« Nous n’avons pas encore vu d’agent depuis le lancement de l’opération. Mais nous nous sommes organisés pour assainir notre environnement. La direction technique de la voirie doit faire son travail ; elle dispose d’un budget pour cela. » Son voisin, Djékouldé Israël, adopte une approche pragmatique :« Nous ne pouvons pas attendre la mairie. Chez moi, je me suis organisé pour nettoyer ma devanture, car la Mairie, c’est nous. »
Face aux critiques, le directeur technique de la voirie, Djegollé Béassemda, reconnaît certaines insuffisances tout en les contextualisant. Selon lui, les déchets ne peuvent être évacués immédiatement : « Il faut attendre qu’ils soient secs, sinon cela salit davantage la chaussée. » Il assure néanmoins que tous les quartiers sont pris en compte, précisant que l’opération, prévue sur une durée de dix jours, cible en priorité les zones les plus exposées aux inondations.
En attendant, les populations restent exposées à des risques sanitaires, certains caniveaux n’ayant pas encore été curés et les déchets continuant de s’accumuler.
Dingaorané Stephane, Correspondant

