À Moundou, la faible fréquentation des consultations prénatales (CPN) continue de préoccuper les professionnels de santé. Essentielles au suivi de la grossesse et à la prévention des complications maternelles et néonatales, ces consultations restent insuffisamment sollicitées par de nombreuses femmes enceintes du district sanitaire, exposant mères et enfants à des risques évitables.
Dans plusieurs structures sanitaires de la ville, les taux de fréquentation varient sensiblement. Parmi les obstacles : le manque de moyens financiers, la distance entre les domiciles et les centres de santé, ainsi qu’un accueil parfois jugé peu satisfaisant, freinant l’accès régulier aux soins.
Selon Dannadji Urbaine, sage-femme et responsable de la maternité du centre de santé Béthanie, « la consultation prénatale est très importante, car elle permet le suivi régulier de la grossesse et de l’état de santé de la femme enceinte ». Elle rappelle qu’une grossesse normale peut nécessiter jusqu’à huit consultations, conformément aux recommandations sanitaires. Cependant, elle note qu’au début de chaque année, le taux de fréquentation connaît une baisse notable. Djétenemgoto Mbairo Concepta, également sage-femme au centre Béthanie, confirme cette tendance : « Certaines périodes sont très actives, avec près de 300 consultations par mois, mais en janvier 2026, nous n’avons enregistré que 189 femmes enceintes ». Cette baisse survient malgré les efforts de sensibilisation menés dans les quartiers de la ville.

La fréquentation des consultations prénatales reste préoccupante, mais certaines structures affichent une situation plus stable. À la clinique de l’Association Tchadienne pour le Bien-être Familial (ASTBEF), la sage-femme responsable, Mariam Mali Kindi, reçoit en moyenne sept à huit femmes par jour. Elle souligne l’importance de l’implication des conjoints : « La présence des époux lors des consultations rassure les femmes et renforce l’adhésion au suivi médical ». À l’hôpital provincial de Moundou, Madjimta Djimasngar, responsable de l’Unité de reproduction, confirme cette tendance et évoque également l’accueil dans les structures sanitaires comme un facteur clé pour encourager les consultations régulières.
Dingaorané Stephane, Correspondant

