• 24 juin 2026
  • N'Djamena

Moundou : la collecte des déchets ménagers confrontée à des dysfonctionnements

Moundou : la collecte des déchets ménagers confrontée à des dysfonctionnements

Dans la capitale économique du Tchad, la lutte contre l’insalubrité reste un défi permanent. Pour améliorer le cadre de vie des habitants, les autorités locales ont mis en place un mécanisme de collecte des déchets ménagers, avec notamment la construction de deux Aires de Transit des Ordures Ménagères (ATOM) et l’installation de bacs à ordures dans certains quartiers.

Mais sur le terrain, le dispositif montre ses limites. Des abonnés dénoncent l’irrégularité du passage des agents collecteurs. Si Doudou Abdoulaye Mahamat salue globalement l’initiative : « C’est un service qui contribue à la propreté de la ville de Moundou. Il nous aide à évacuer de manière responsable les ordures ménagères et mérite d’être encouragé », il pointe néanmoins un manquement récurrent : « Dans le contrat, il est précisé que les agents de collecte doivent passer deux fois par semaine. Mais en réalité, ce n’est pas le cas. Ils attendent souvent la fin du mois pour passer et réclamer leur argent, et ce n’est pas juste. »

Face à ces plaintes, le gestionnaire de l’ATOM de Mbombaya, Badjé Lucien, reconnaît les dysfonctionnements tout en assurant que des mesures correctives sont engagées : « J’ai plusieurs fois reçu ces plaintes concernant l’irrégularité de l’enlèvement des ordures ménagères. Nous interpellons les concernés pour les avertir et prenons parfois des mesures plus rigoureuses afin de les amener à respecter leurs engagements contractuels », a-t-il précisé.

Gestionnaire de l’ATOM de Mbombaya, Badjé Lucien

La question des espaces publics demeure, elle aussi, entière. Contrairement à d’autres villes du Tchad où des corbeilles sont installées le long des principaux axes, Moundou reste peu équipée. Badjé Lucien reconnaît ces insuffisances : « Nous n’avons pas perdu de vue cet aspect, mais nous sommes vraiment limités. Nous envisageons de nous rapprocher des autorités afin de lancer ce service dans les lieux publics », a-t-il rassuré.

En saison des pluies, les déchets abandonnés obstruent les caniveaux et favorisent les inondations. En saison sèche, ils contribuent à la pollution et à la propagation des poussières. Plus généralement, une ville propre ne se construit pas seulement grâce aux infrastructures, mais aussi grâce à l’engagement collectif de ses habitants.

Dingaorané Stephane, Correspondant