À l’université de Moundou, les activités académiques tournent au ralenti. Depuis le 11 mars, les enseignants-chercheurs observent un mouvement de grève à l’appel de leur syndicat, le Synecs (Syndicat national des enseignants du supérieur), section locale, paralysant une grande partie des enseignements.
À l’origine de cette mobilisation, un différend portant sur les modalités de paiement des frais de jury. « Nous avons suspendu les cours pour revendiquer plusieurs points, mais le principal concerne les frais de jury », explique Djimrabeye Richard, Secrétaire général du Synecs de l’université de Moundou.
Selon les grévistes, la pratique en vigueur prévoyait la rémunération de quatre sessions d’évaluation, dont deux sessions normales et deux sessions de rattrapage. Toutefois, pour l’année académique 2024-2025, les autorités universitaires auraient décidé, sans concertation préalable, de ne rémunérer que deux sessions. « L’année académique est achevée et les enseignants ont accompli leur mission avec rigueur. Cependant, les modalités de paiement appliquées ne rencontrent pas leur adhésion », précise le responsable syndical.

Malgré plusieurs tentatives de dialogue avec l’administration universitaire, les discussions n’ont, pour l’heure, pas abouti à un consensus. « Nous avons multiplié les échanges, sans obtenir de réponses satisfaisantes. Les autorités administratives nous ont demandé de reprendre les cours en attendant une solution, mais nous devons d’abord consulter notre base pour décider de la suite à donner », ajoute-t-il.
Outre la question des frais de jury, les enseignants revendiquent également :
la reconnaissance des promotions académiques validées par le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) ;
le paiement intégral des heures supplémentaires ;
ainsi que la régularisation de certaines situations administratives.
Les enseignants conditionnent la reprise des cours à une résolution rapide de ces revendications, tout en réaffirmant leur disponibilité au dialogue. Dans un contexte déjà marqué par des défis structurels dans l’enseignement supérieur tchadien, cette grève risque d’avoir des répercussions sur le calendrier académique et le déroulement des évaluations.
Dingaorané Stephane, Correspondant

