• 7 mars 2026
  • N'Djamena

Mongo : les herbicides séduisent les agriculteurs, mais inquiètent les experts

Mongo : les herbicides séduisent les agriculteurs, mais inquiètent les experts

En pleine saison de sarclage, de nombreux agriculteurs de la ville de Mongo et de ses environs recourent désormais aux herbicides, notamment ceux à base de glyphosate, pour éliminer les mauvaises herbes. Une pratique qui suscite à la fois l’adhésion des cultivateurs et l’inquiétude des spécialistes de l’environnement.

Pour de nombreux exploitants, l’usage des herbicides constitue une véritable révolution agricole. Ces produits permettent de nettoyer rapidement les champs, d’étendre les superficies cultivées et de réduire considérablement la pénibilité du travail manuel. Certains agriculteurs vont jusqu’à délaisser les bœufs d’attelage au profit de ces substances chimiques. Leur utilisation s’étend aujourd’hui même aux zones maraîchères. Mais derrière cette efficacité se cache une réalité préoccupante : l’usage massif des herbicides n’est pas sans risques sanitaires et environnementaux.

Selon Adoum Mahamat, Chef sous-secteur de l’ANADER Mongo, il existe plusieurs types d’herbicides, notamment les sélectifs et les systémiques. Ces derniers pénètrent dans les plantes et se dégradent dans le sol, ralentissant la repousse des herbes. Mais leur utilisation incontrôlée peut avoir des effets néfastes sur la santé humaine, l’environnement et les animaux. Il souligne que les animaux qui broutent des herbes contaminées risquent également de développer des pathologies liées aux résidus chimiques présents dans leur alimentation.

Face à cette situation, un dilemme se pose : d’un côté, les agriculteurs saluent l’efficacité et les gains en productivité offerts par les herbicides, de l’autre, les spécialistes tirent la sonnette d’alarme face aux conséquences à long terme sur la santé humaine, la biodiversité et l’équilibre des sols. Alors que l’agriculture demeure la principale source de subsistance dans la province, le défi est désormais de trouver des alternatives durables permettant d’allier rendement agricole et préservation de l’environnement.

Bechir Badjoury Abbanou, Correspondant

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