Au Mayo-Kebbi Ouest, les agriculteurs sont toujours à pied d’œuvre. Après les récoltes du mil, du maïs et de l’arachide, l’heure est désormais à celle du coton, communément appelé l’or blanc. Dans cette province, qui détient le record national en matière de production cotonnière, cette culture représente un véritable levier économique pour de nombreux cotonculteurs.
Dans les plaines du Mayo-Kebbi Ouest, les champs de coton s’étendent à perte de vue. Cette année, la récolte s’apparente à une véritable course contre la montre, mettant sous pression de nombreuses familles rurales. Le recours à une main-d’œuvre extérieure demeure un luxe que peu peuvent se permettre. Ici, chaque bras compte, car chaque kilogramme de coton cueilli rapproche un peu plus la famille de l’autonomie financière.
Sous un soleil ardent, une solidarité intergénérationnelle silencieuse s’exprime dans les champs. Hommes, femmes et enfants s’attellent à la tâche. La cueillette est éprouvante, laissant les mains rougies et les dos endoloris. Mais au-delà de la fatigue, elle forge le sens du devoir et de la responsabilité. Pour ces planteurs, le coton constitue souvent l’unique source de revenus, la seule garantie face à la précarité.
Une fois les sacs remplis, ils sont déversés en tas, puis le cycle recommence, inlassablement, jusqu’à la récolte complète du champ.
Ce travail répétitif rappelle que derrière chaque fibre de coton, derrière chaque chiffre d’exportation, se cache le labeur acharné de familles rurales, dont la force réside dans l’union et la persévérance.
OUMAROU ABBA, Correspondant

