Sur les berges du fleuve Logone, l’activité agricole rythme le quotidien de nombreux habitants. Venus des localités de Rongondoh et de Tayé, des hommes y cultivent principalement le manioc, une denrée essentielle pour l’alimentation et une source de revenus pour plusieurs familles.
Sous un soleil souvent accablant, les cultivateurs s’organisent selon un calendrier bien établi. « Dans un premier temps, je nettoie le terrain pour le rendre propre. Ensuite, je procède à la fabrication des sillons avec l’aide de la main-d’œuvre, puis je plante les tiges de manioc. Un sillon coûte 200 FCFA. Nous commençons généralement en octobre et, pendant la saison sèche, nous utilisons des machines pour arroser les sillons. L’avantage, c’est que nous consommons les feuilles avant de récolter les tubercules en juillet. C’est un travail bénéfique pour nos familles et pour tout le Tchad », explique Mbaitelssem Isaac.

Mais derrière cette activité vitale, les difficultés s’accumulent. « C’est une activité qui nous permet de nous nourrir et de gagner de l’argent, mais nous rencontrons beaucoup de difficultés ces derniers temps. Parfois, les commerçants prennent nos produits et refusent de nous payer, sous prétexte que le marché n’a pas été rentable », déplore Rahademngué Benoît. Il évoque également la hausse du prix du carburant et du gaz, qui limite l’utilisation des motopompes pour l’irrigation.
À ces contraintes s’ajoutent les vols récurrents dans les champs. « Après plus de sept mois d’entretien, certaines personnes viennent voler nos tubercules. Cela ne nous arrange pas », regrette Mbaihaoussem Olivier. Malgré ces obstacles, ces agriculteurs restent déterminés. Ils appellent à un soutien accru des autorités, convaincus que le manioc, pilier alimentaire, pourrait davantage contribuer à la sécurité alimentaire nationale s’il était mieux encadré et valorisé.
Dingaorané Stephane, Correspondant

