En marge d’une visite de terrain ce mercredi, le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assileck Halata, a livré ses impressions aux journalistes en langue française.
L’échange s’est tendu lorsqu’un journaliste lui a demandé de reformuler ses propos en arabe. Le ministre a alors répondu, en arabe local, par une remarque qui a suscité de vives réactions : « Vous nous dérangez avec votre arabe là », avant d’ajouter en français : « Vous avez des traducteurs pour ça. Vous voulez absolument qu’on parle en arabe ? »
La scène, filmée et largement relayée sur les réseaux sociaux, a rouvert le débat sur la place des langues nationales dans les communications publiques, et sur les attentes des citoyens en matière d’accessibilité linguistique dans les discours officiels.
Dans un communiqué de «condamnation et de protestation», la Ligue des journalistes tchadiens arabophones affirme avoir suivi avec consternation les propos jugés regrettables tenus par le ministre. Pour la Ligue, l’attitude de Mahamat Assileck Halata constitue une grave violation de la Constitution, qui reconnaît l’arabe comme langue officielle.
Les exigences
Qualifiant d’«irresponsables» les propos du ministre, la Ligue des journalistes arabophones exige de lui des excuses officielles et publiques. À défaut, elle annonce un boycott des activités organisées par le ministère de l’Aménagement du territoire. La Ligue demande également au gouvernement de «ramener le ministre à la raison». Le bras de fer est d’ores et déjà ouvert…
Dans un pays où l’unité nationale repose aussi sur le respect des langues officielles, le mépris ou l’arrogance d’un ministre n’est pas un détail, cela laisse libre cours à toute interprétation jusqu’à créer des fractures.

