• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Les influenceurs de N’Djaména : divertissement ou impact réel ?

Les influenceurs de N’Djaména : divertissement ou impact réel ?

Depuis quelque temps, les réseaux sociaux à N’Djaména sont envahis par des contenus diffusés par de jeunes femmes et hommes se présentant comme influenceurs. Entre publications de tenues de luxe, vidéos de soirées, défis viraux et buzz éphémères, ces figures attirent un large public, mais la pertinence de leurs contenus interroge. Derrière les «likes» et les partages, une question persiste : influencent-ils réellement la vie de leur communauté ?

Pour certains d’entre eux, l’influence est un choix professionnel et non un simple divertissement. « Être influenceuse, c’est partager un style de vie, inspirer sur la mode, la beauté, collaborer avec des marques et encourager l’entrepreneuriat », explique une jeune créatrice de contenus suivie par plus de 10 000 abonnés. Elle affirme que ses publications ont permis à plusieurs marques locales de gagner en visibilité. Une autre ajoute : « Les critiques viennent souvent d’un manque de compréhension. Nous participons à une nouvelle économie digitale où une simple publication peut booster les ventes d’une entreprise. »

Si certains jeunes affirment se reconnaître dans ces modèles, d’autres se montrent plus réservés. « Je les suis pour me distraire, mais je ne vois pas vraiment ce qu’elles apportent de concret », confie Idriss, étudiant en communication. Pour Souad, l’influence doit se mesurer à l’impact social : « Une véritable influenceuse devrait sensibiliser sur des causes utiles comme l’éducation, l’environnement ou la santé. Or, beaucoup se limitent à montrer leurs sorties et leurs tenues. »

Dans un contexte où le numérique prend une place grandissante, le statut d’influenceur reste encore flou à N’Djaména. Entre celles et ceux qui cherchent à bâtir une carrière dans le marketing d’influence et ceux qui se contentent d’exposer leur quotidien ou d’alimenter des polémiques, l’opinion publique reste divisée.

Une chose est sûre : l’influence existe, mais elle ne répond pas toujours aux attentes d’une société en quête de repères et de modèles constructifs. Peut-être est-il temps de redéfinir l’influence, non plus comme une quête de visibilité, mais comme une responsabilité sociale.

Soliri Charlotte