Le Nouveau Pont de Walia est sans aucun doute un ouvrage imposant et remarquable. Sa structure et son design témoignent d’un réel savoir-faire, au point que certains politiciens n’hésitent pas à le qualifier de « joyau architectural ». Cependant, une fois engagé sur le pont, l’usager se confronte rapidement à la réalité de la route qui le prolonge : la sécurité et l’organisation laissent encore beaucoup à désirer. C’est ce que souligne Hal Souakar Ambera, citoyen du 9ᵉ arrondissement, dans une tribune personnelle publiée récemment.
Sur les 1,5 km qui suivent le pont, rien n’indique aux usagers la présence de zones sensibles :
-aucun panneau de limitation de vitesse ;
-aucune indication pour les écoles, les marchés ou les virages ;
-aucun passage piéton.
Pourtant, chaque matin, de nombreux élèves traversent cette route pour se rendre à l’école, souvent au milieu des véhicules lancés à grande vitesse, ce qui constitue un risque majeur.
Le terre-plein central est continu entre le marché Berwa et le rond-point Chari-Jouwate. Résultat : les véhicules doivent aller jusqu’au rond-point pour faire demi-tour ;
certains empruntent la voie en sens inverse ou franchissent le terre-plein, mettant en danger tous les usagers.
Les trottoirs, déjà envahis par des vendeurs à la sauvette, obligent :
-les piétons à marcher sur la piste cyclable ;
-les cyclistes à déborder sur la chaussée ;
-la sécurité à disparaître progressivement.
« La population traverse n’importe où, faute de signalisation et d’encadrement, et les automobilistes ne savent pas quand ralentir ou anticiper », note Hal Souakar Ambera. Le manque de règles visibles accentue donc les comportements dangereux.

Selon l’auteur, plusieurs mesures pourraient améliorer rapidement la situation :
- Installer une signalisation verticale et horizontale (passages piétons, panneaux pour les écoles et les marchés, limitations de vitesse, fléchage clair) ;
- Créer un ou deux points de retournement pour éviter les manœuvres dangereuses sur le terre-plein ;
- Déployer temporairement des agents municipaux pour orienter et sensibiliser les usagers ;
- Libérer les trottoirs afin qu’ils restent des espaces exclusivement réservés aux piétons.
Le Nouveau Pont de Walia dit pont de la refondation est un progrès indéniable et un symbole de développement. Mais, comme le rappelle Hal Souakar Ambera, une infrastructure n’est réellement utile que lorsqu’elle est sécurisée, organisée et adaptée à la vie quotidienne des citoyens. Saluer ce qui est bien fait ne doit jamais empêcher de souligner ce qui reste à corriger.
Soliri Charlotte

