• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Le petit colas, un fruit amer aux vertus insoupçonnées

Le petit colas, un fruit amer aux vertus insoupçonnées

Il est petit, sec, amer, et souvent négligé à première vue. Pourtant, au Tchad, le petit colas, communément appelé Moudjingoro en langue locale du Tchad, occupe une place singulière dans le quotidien. On le retrouve partout : dans les mains des vendeurs ambulants, sur les étals de marché, ou discrètement glissé dans une poche.

Malgré son goût rude, presque choquant, ce fruit a su conquérir les habitudes des Tchadiens et bâtir une solide réputation au fil du temps. Dans les ruelles animées de N’Djamena, certains le surnomment même « la graine du lion », un surnom évocateur de force et de vigueur. Pour beaucoup, il redonnerait vitalité et confiance à ceux qui le consomment. « D’abord, ça booste en termes d’énergie, et c’est aussi un bon aphrodisiaque », affirme un consommateur rencontré sur une avenue de la capitale.

Plus qu’un simple aliment, le petit colas est considéré par de nombreux adeptes comme un fortifiant naturel. Il est utilisé pour stimuler l’énergie, apaiser certains maux ou renforcer l’organisme. « Quand j’en consomme, je me sens en bonne santé », témoigne un habitué. Un autre ajoute : « Moi, quand j’ai des nausées, je mâche du petit colas et je me sens bien. »

Si les vertus prêtées au Moudjingoro sont largement partagées dans l’opinion populaire, la science y trouve également son compte. Le professeur Mahamat Bechir, Directeur de l’Alimentation et de la Nutrition Appliquée, confirme certaines de ses propriétés :« Le petit colas est bien connu chez nous comme plante médicinale. Il contient des nutriments essentiels comme les vitamines A, B et C, ainsi que du calcium et du fer. Il agit comme stimulant contre la fatigue et possède aussi des vertus anti-inflammatoires. Chez les personnes diabétiques, il aide à réguler le taux de sucre dans le sang. »

A consommer avec modération…

Mais comme tout produit à vertu médicinale, le professeur Bechir met en garde contre les excès : « Il a des vertus, certes, mais il ne faut pas en abuser. Une consommation excessive peut poser problème, notamment chez les personnes souffrant de gastrite ou chez les femmes enceintes. Il faut rester modéré. »

Petit par la taille, mais grand par ses vertus, le petit colas continue de tracer sa route entre traditions et croyances. Qu’on y voie un fortifiant, un symbole ou un simple fruit, une chose est sûre : le Moudjingoro n’a sûrement pas dit son dernier mot.

Yohane Djimet Djibrine