• 5 avril 2025
  • N'Djamena

Le cinéma africain perd l’une de ses figures emblématiques

Le cinéma africain perd l’une de ses figures emblématiques

Souleymane Cissé, réalisateur malien de renommée internationale s’est éteint ce 19 février 2025 à Bamako, à l’âge de 84 ans. Il est l’un des rares cinéastes africains à avoir remporté deux fois l’Etalon d’or de Yennenga au Fespaco avec “Baara” (le travail)  en 1979 et  “Fin-Yé” (en 1985).

Né vers 1940 à Bamako, Souleymane Cissé a grandi dans un Mali en pleine mutation, entre traditions et aspirations à l’indépendance. Après des études à Moscou, il revient au pays avec une vision claire : utiliser le cinéma comme un outil de libération et d’expression culturelle. Ses films, souvent engagés, explorent des thèmes universels tels que la justice sociale, la spiritualité et les conflits entre tradition et modernité. Son chef-d’œuvre, “Yeelen” (La Lumière), sorti en 1987 a marqué un tournant dans l’histoire du cinéma africain. Primé au Festival de Cannes, ce film poétique et mystique, inspiré des traditions bambaras, a offert au monde une vision unique et profondément africaine de l’art cinématographique. Au fil de sa carrière, Souleymane Cissé a réalisé une dizaine de films, dont “Baara” (1978), “Finyé” (1982) et “Waati” (1995), qui ont tous contribué à forger son statut de figure majeure du cinéma mondial. Son travail a non seulement été salué par la critique internationale, mais il a aussi inspiré des générations de cinéastes africains, leur montrant que le cinéma pouvait être à la fois un miroir de la société et un vecteur de changement. En 2020, il avait reçu un hommage appuyé lors du Festival de Cannes, où une rétrospective de ses films avait été organisée pour célébrer son apport inestimable au 7e art. Au-delà de son talent artistique, Souleymane Cissé était un fervent défenseur de la culture africaine. Il a toujours milité pour que les cinéastes du continent puissent raconter leurs propres histoires, avec leurs propres moyens, sans dépendre des modèles imposés par l’Occident. Son engagement pour l’indépendance culturelle et économique du cinéma africain a fait de lui une figure respectée et admirée bien au-delà des frontières du Mali. À l’annonce de son décès, les réactions ont afflué du monde entier.

Bref, Souleymane Cissé s’en est allé, mais son héritage cinématographique restera gravé dans l’histoire. À travers ses films, il a su capturer l’âme de l’Afrique tout en s’adressant à l’humanité tout entière. Son décès laisse un grand vide, mais aussi une inspiration sans fin pour les générations futures.

Président du Jury Long métrage fiction au FESPACO 2025, il était attendu ce week-end à Ouagadougou.

NGUENAMADJI Alfred