Dans la province du Logone Occidental, les établissements publics sont à l’arrêt depuis plusieurs jours à la suite d’un mouvement de grève lancé par le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET). À l’appel de cette organisation syndicale, les enseignants ont entamé une grève d’avertissement d’une semaine, laissant les salles de classe vides, tandis que les écoles privées poursuivent normalement leurs activités.
Lors de leur assemblée générale tenue jeudi dernier, les membres du SET provincial ont formulé un cahier de doléances adressé aux autorités. Ils réclament notamment :
-une prise en charge sanitaire effective des enseignants ;
-une augmentation de la prime de logement, de 20 000 à 100 000 francs CFA ;
-le paiement régulier des primes de craie ;
-ainsi qu’une révision du décret n°477, jugé défavorable à la profession.
Le syndicat exige également la récupération des locaux du Ministère de l’Éducation nationale occupés par des particuliers, l’interdiction de la vente de boissons frelatées aux abords des écoles, la sécurisation des enseignants dans leurs lieux d’affectation et une meilleure gestion des conflits communautaires dans la province.

Le Secrétaire général provincial du SET, Issaka Abakar Dadio, a déclaré que « cette grève est un signal fort envoyé au gouvernement », tout en avertissant que d’autres actions pourraient suivre si les revendications ne trouvent pas de réponse favorable.
En parallèle, un autre mouvement de grève a été initié par le Syndicat Indépendant des Enseignants du Tchad (SIET), dirigé par Dadoum Djéko Béamngar. Bien que non reconnu officiellement, ce syndicat a lancé une grève d’avertissement de trois jours, à l’issue d’un préavis couvrant la période du 20 juin au 20 septembre 2025. Le SIET formule des revendications similaires, parmi lesquelles l’augmentation de la prime de logement à 100 000 FCFA, la révision du décret 477, et surtout le rappel des effets financiers des actes de carrière depuis 2016.
Ces mouvements traduisent un mécontentement croissant au sein du corps enseignant, alors que les conditions de travail dans le secteur éducatif tchadien demeurent précaires. Pour l’heure, aucune réaction officielle du gouvernement n’a été enregistrée, laissant planer l’incertitude sur la suite de la rentrée scolaire dans le Logone Occidental.
Dingaorané Stephane, Correspondant

