• 15 juin 2026
  • N'Djamena

Journée mondiale contre le travail des enfants : au Tchad, le phénomène persiste à l’approche des vacances scolaires

Journée mondiale contre le travail des enfants : au Tchad, le phénomène persiste à l’approche des vacances scolaires

Ce 12 juin, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale contre le travail des enfants. Au Tchad, cette commémoration met en lumière une réalité récurrente à l’approche des vacances scolaires : de nombreux enfants quittent temporairement les salles de classe pour exercer des activités économiques dans les champs, les marchés ou encore sur les sites d’orpaillage.

Dans plusieurs localités, la participation des enfants aux activités génératrices de revenus est souvent perçue comme une contribution au fonctionnement du foyer. Toutefois, cette situation soulève des préoccupations en matière de respect des droits de l’enfant, notamment en ce qui concerne l’accès à l’éducation, au repos, aux loisirs et à la protection contre les travaux susceptibles de nuire à leur développement.

Selon plusieurs observations, la pauvreté constitue l’un des principaux facteurs à l’origine de ce phénomène. Interrogée au marché Cinquantenaire de N’Djamena, une jeune vendeuse explique : « Je fais le commerce parce que je voulais aider ma grande sœur, elle n’a pas force, y compris mes petites sœurs. » Une autre enfant rencontrée sur place déclare : « Je fais le commerce parce que je veux subvenir à mes besoins et alléger la tâche aux parents. » Une troisième ajoute : « Je pratique le commerce pour m’acheter les habits et autres choses qui me plaisent. »

Faute de ressources suffisantes, de nombreuses familles éprouvent des difficultés à couvrir leurs besoins essentiels. Dans ce contexte, les activités exercées par les enfants constituent parfois un complément de revenu ou un soutien aux dépenses du ménage.

Cette situation peut toutefois avoir des répercussions sur la scolarisation et les perspectives d’avenir des enfants concernés. Selon le document intitulé « Programme de resocialisation et de prise en charge des enfants et adolescents vulnérables », élaboré par le ministère de la Femme, « le travail des enfants touche plus de deux enfants de 5 à 11 ans sur cinq (42 %). Il est également plus répandu en milieu rural (45 % des enfants de 5 à 11 ans) qu’en milieu urbain (28 % des enfants de 5 à 11 ans). »

À l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, les organisations engagées dans la protection de l’enfance rappellent la nécessité de renforcer les mesures visant à garantir l’accès des enfants à l’éducation et à les protéger contre les formes de travail susceptibles de compromettre leur développement.

Au-delà des motivations économiques qui conduisent certains enfants à travailler pour soutenir leur famille ou répondre à leurs besoins personnels, la question de la lutte contre le travail des enfants demeure étroitement liée aux politiques publiques de protection sociale, à l’accès à l’éducation et à l’amélioration des conditions de vie des ménages.

Golbika Monique