• 6 mars 2026
  • N'Djamena

Face aux pluies, les bassins de rétention de N’Djamena montrent leurs failles

Face aux pluies, les bassins de rétention de N’Djamena montrent leurs failles

Alors que la capitale tchadienne subit de fortes pluies, les bassins de rétention d’eau, censés prévenir les inondations, jouent un rôle essentiel. Cependant, la gestion de ces infrastructures demeure inégale selon les quartiers, et les pratiques varient d’un site à un autre.

Ainsi, au bassin de Klemat, le responsable assure que la motopompe est activée quotidiennement, ce qui permet l’évacuation directe des eaux vers le fleuve Chari. De la même manière, le dispositif est appliqué au bassin de Diguel Est, dans le 8ᵉ arrondissement, où les eaux sont dirigées vers le grand canal d’Andjaro, puis jusqu’à Lamadji. « L’écoulement des eaux demande toutefois du temps », souligne Ali Moussa, technicien en charge du site.

Par ailleurs, du côté du quartier Diguel Angabo, le bassin sert de relais pour collecter les eaux venues de quartiers tel que Gassi. Ici aussi, la motopompe fonctionne en continu, sauf en cas de panne ou lorsque le niveau d’eau est trop bas, précise le technicien Ngarta Haoumtouin.

En revanche, au bassin du quartier Habena, près de l’ancien hôtel Santanna dans le 7ᵉ arrondissement, l’absence de motopompe fixe complique sérieusement les interventions. L’équipe technique doit déplacer son matériel à chaque opération, ce qui retarde le pompage et nuit à la régularité des travaux. Pendant ce temps, plusieurs rues de la capitale restent submergées. Contraints de circuler les pieds dans l’eau, les habitants expriment leur colère et dénoncent un manque de réactivité des autorités.

La gestion des bassins de N’Djamena apparaît comme un travail collectif impliquant techniciens, infrastructures, équipements et conditions climatiques. Si certains sites fonctionnent efficacement, d’autres, au contraire, souffrent d’un déficit de moyens, de logistique ou de maintenance.

Par conséquent, à l’heure où les précipitations s’intensifient, la maintenance des motopompes, leur suivi quotidien et une meilleure coordination entre arrondissements s’imposent comme des priorités. Autrement, la capitale risque de revivre les scènes désastreuses des saisons pluvieuses passées.

Alhadj Ballah, Stagiaire

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