• 7 mars 2026
  • N'Djamena

EDUCATION : Les écoles publiques de Moundou divisées suite à l’appel du SIET

EDUCATION : Les écoles publiques de Moundou divisées suite à l’appel du SIET

Le bras de fer se poursuit entre le Syndicat Indépendant des Enseignants du Tchad (SIET) et le Gouvernement autour de l’application du nouveau statut particulier des enseignants. Depuis le lundi 5 janvier 2026, le SIET a lancé un mouvement de deux semaines pour exiger la signature du décret d’application numéro 2850, adopté mais toujours non effectif.

Dans la ville de Moundou, le climat reste particulièrement tendu. Les militants du SIET maintiennent la pression, réclamant non seulement la signature du décret, mais aussi la libération de leur leader, Faustin Djimoudouel, arrêté et inculpé pour « incitation à la révolte et rébellion » selon les voix autorisées. À l’inverse, les enseignants affiliés au Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) et au Syndicat national des Formateurs de Métiers du Tchad (SYNAFORM-T), qui se disent non concernés, continuent d’assurer les cours.

Cette situation crée un profond malaise dans les établissements publics. Des pressions et des menaces pèseraient sur certains vacataires et enseignants qui ont repris les classes. Les chefs d’établissements, pris entre les injonctions de l’État et celles des syndicats, préfèrent garder le silence. « Si vous appelez à la reprise, les syndicalistes vous menacent. Si vous ne faites rien, l’État vous accuse », confie un proviseur sous couvert d’anonymat.

Le secrétaire général du SET dans le Logone Occidental, Issaka Abakar Dadjo, appelle à l’apaisement. « Le SET n’a pas lancé de mot d’ordre de grève. Une commission gouvernementale est déjà à pied d’œuvre », affirme-t-il, tout en prévenant que la base pourrait décider d’actions si rien n’évolue d’ici fin janvier.

Sur le terrain, les écoles fonctionnent au ralenti et de manière inégale. Classes vides au lycée de Djarabé, cours assurés au lycée technique commercial, fonctionnement partiel au Lycée Adoum Dallah et Ecole du quartier : la confusion domine. Malgré l’appel du délégué provincial à la reprise, la méfiance entre enseignants persiste, laissant planer l’incertitude sur la suite de l’année scolaire.