À l’école Paris-Congo, située dans le 6ᵉ arrondissement, le constat est préoccupant. La clôture d’entrée est complètement effondrée, les fenêtres sont brisées et, dans les salles de classe, la situation dépasse l’entendement. Faute de tables-bancs, de nombreux élèves suivent les cours assis à même le sol ou sur des nattes usées.
Nag-Djéloum Tatoumlé, enseignant, témoigne :« Lorsque les élèves sont assis par terre, nous, les enseignants, n’arrivons pas à contrôler les élèves. Qui parle, qui ne parle pas… c’est difficile de savoir. »
Le Directeur de l’école Paris-Congo Centre B, Sou Jonas, reconnaît lui aussi les difficultés majeures auxquelles son établissement est confronté : « Les quelques tables-bancs disponibles dans les salles de classe ont été fabriquées grâce à la participation des parents d’élèves. C’est très insuffisant. Seules trois classes disposent de tables-bancs ; les autres élèves restent à même le sol. Il nous manque énormément de tables-bancs à l’école Paris-Congo. »
La situation n’est guère meilleure à l’école La Léproserie, plus connue sous le nom de Koutourou, dans le 7ᵉ arrondissement. Les infrastructures y sont délabrées, le matériel scolaire insuffisant, et l’enceinte de l’école sert même de passage aux riverains. Certaines salles de classe sont transformées la nuit en véritables salles de bain.

Kindi Gando, enseignante dans cet établissement, déplore : « Les écoles publiques sont presque abandonnées aujourd’hui. Nos enfants sont par terre, même les bâtiments n’ont pas de portes. L’entourage se lave dans les salles de classe la nuit, parfois ils y défèquent. On n’a même pas de service de gardiennage. » Même constat à l’école Atrone, dans le même arrondissement, où les conditions d’apprentissage frôlent l’indignité. « Pour les enfants du CP, on est obligés d’acheter des nattes afin de leur permettre de s’asseoir. Ceux du CM sont assis à même le sol. Pour tout l’établissement, nous n’avons que 80 tables-bancs pour 24 salles de classe », indique Mbaïtoudji née Miladel Naïbara Virginie, directrice de l’école Atrone Centre B.
Elle lance un appel aux autorités éducatives :« Je demande au gouvernement de nous fournir des tables-bancs et, si possible, de clôturer l’établissement. »
Enfin, face à ces réalités, qui se répètent dans de nombreux établissements publics de la capitale, enseignants, élèves et parents multiplient les cris d’alarme. Tous appellent le Ministère de l’Éducation nationale à agir rapidement pour réhabiliter les infrastructures, fournir des tables-bancs et garantir aux enfants un cadre d’apprentissage digne et sécurisé. Un appel vibrant porté par toute cette communauté éducative, afin que l’école publique retrouve ses lettres de noblesse : celle d’un lieu de savoir, d’espoir et d’avenir.
Djimhodoum Serge

