Plus de deux décennies après la mise en service du projet pétrolier de Doba, les anciens employés de la TCC/ESSO Tchad montent à nouveau au créneau. Réunis en assemblée générale extraordinaire, les membres de l’Association des ex-travailleurs de la TCC ont tenu à alerter l’opinion publique et les autorités tchadiennes sur leurs conditions de vie qu’ils jugent déplorables. Une rencontre perçue comme un nouveau cri de détresse de ces ouvriers, jadis engagés sur le chantier pétrolier emblématique du sud du pays.
Au début des années 2000, plus de 4 000 Tchadiens avaient été recrutés pour participer à la réalisation du projet mené en consortium par ExxonMobil, Chevron et TCC/ESSO Tchad. Mais 23 ans plus tard, ces anciens employés disent vivre dans l’abandon total et la précarité, sans accompagnement ni indemnisation équitable, malgré les sacrifices consentis et les espoirs nourris à l’époque.
Face à ce qu’ils considèrent comme un oubli institutionnel, le bureau de l’association a décidé de rompre le silence et de faire le point sur la situation de ses membres. Les ex-travailleurs entendent remobiliser leur base et interpeller les autorités tchadiennes ainsi que les entreprises concernées afin d’obtenir réparation.
Un appel relayé par Brahim Ben Said, secrétaire général de la Confédération libre des travailleurs du Tchad (CLTT), qui a exprimé son soutien à ces anciens employés dans leur quête de justice sociale.
Pour les ex-travailleurs, cette assemblée générale ne constitue pas une fin en soi, mais le début d’une nouvelle phase de revendication. Reste à savoir si leurs voix seront enfin entendues. Légitimes ou non, leurs doléances traduisent avant tout le malaise social persistant d’hommes et de femmes qui, jadis, ont contribué à bâtir l’un des plus grands projets économiques du Tchad.
Yarcho Abani

