• 12 août 2026
  • N'Djamena

Décryptage du discours du 11 août : quel cap pour le Tchad après la transition ?

Décryptage du discours du 11 août : quel cap pour le Tchad après la transition ?

Au-delà de mots employés par le Président de la République, à l’occasion de la célébration du 66e anniversaire de l’accession du Tchad à l’indépendance, le narratif politique présidentielle fait référence au parcours du pays pendant plus de six décennies. La pre-transition y prend une place considérable avec en toile de fond des mots dont l’usage ne doit rien au hasard.

A travers près d’une quarantaine de minutes d’adresses à la nation, le Chef de l’État ne s’est pas seulement livré à un exercice commémoratif, mais bien plus. Il a donné un sens à la période ouverte depuis la fin de la transition, tout en fixant les principaux repères de son mandat. Telle une matrice, la paix, la réconciliation, le dialogue politique et le développement y
plongent leurs racines pour donner forces à une république dont l’histoire contemporaine a été profondément marquée par des fragments politiques, militaires et communautaires imputables aux ambitions démentielles de certains tchadiens.

La quête de l’unité n’est donc pas ici une simple vertu rhétorique, mais une exigence qui incombe à l’ensemble des Tchadiens, quelle que soit par ailleurs leur place dans la République.

L’ unité est donc une obligation citoyenne. En des termes simples, sans unité, pas de paix durable, sans paix, pas de développement et sans développement la
souveraineté demeure inachevée.
L’indépendance acquise le 11 août 1960 appartient à l’histoire certes, mais la souveraineté elle, relève du présent qui doit s’inscrire dans une trajectoire impulsée par l’action afin de hisser le Tchad à un niveau de développement dont les fruits, doivent constituer l’arc de solidification du Tchad à tous égards dans les concerts des nations.
Dans le discours du Chef de l’État, la paix a une portée significative car les faits relevant de l’absence de la paix ont des années durant été dommageables au Tchad, plus que les conséquences de plusieurs épidémies réunis.

C’est pourquoi, la paix n’est pas une fin en soi, mais une condition préalable à la construction de l’État.

La question de la paix au Tchad n’est plus posée uniquement sous le prisme de la stabilité politique. Elle est davantage au formuler autour de la capacité de l’État à devenir plus prévisible, plus efficace et plus équitable.

Dans son intervention lorsque le Président de la République affirme que chaque franc de l’État appartient au peuple, il ne s’inscrit pas uniquement dans une posture des condamnations morales du détournement des ressources publiques.

C’est une façon affirmée d’exprimer avec le gravité que la lutte contre la corruption doit être accentuée afin que la fortune publique ne serve que la République est que des individus cessent de confondre les biens de l’État avec les leurs.

Conscients des attentes sociales émanant de ses compatriotes le Chef de l’État n’a pas éluder les préoccupations relatives à l’eau, l’électricité, les routes, l’emploi ,les besoins, les écoles et la soif de justice.

La décentralisation qui était l’engagement politique majeur semble ne pas recueillir une satisfaction à la dimension des
attentes du Maréchal du Tchad sans toutefois distribuer des blâmes qui sont souvent servis dans de telles circonstances.

A ce niveau l’enjeu sera donc de savoir si les collectivités disposeront réellement des compétences, des ressources et de la capacité administrative nécessaire pour devenir des centres effectifs des décisions et de développements.

Sur le terrain purement économique, le discours présidentiel mentionne certes le pétrole comme un levier majeur mais il ne doit pas constituer le seul horizon. C’est à ce stade que la diversification requiert une attention qui doit suggérer des perspectives à même de donner des possibilités élargies des ressources dans les temps, on aura besoin pour réaliser des progrès tant attendus.

La jeunesse est évoquée à juste dessin par le Président de la République, comme pour dire que ce vivier symbolise déjà à une force productive actuelle et pour l’avenir du Tchad.
L’annonce d’un acte de grâce présidentielle au profit de plusieurs compatriotes condamnées n’était pas seulement souhaitée, et, c’est peu de le dire, elle était plus qu’attendue.

Cette annonce a servi une forte dose d’espoir aux probables bénéficiaires de la magnanimité présidentielle, elle contribuera sans doute à décrisper un front politique assez constipé ces derniers temps.

En politique comme dans d’autres domaines, il faut donc savoir attendre. Ainsi ira le Tchad porté par une atmosphère positive dans l’optique d’être légué aux générations futures en étant construit et prospère.